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Le semis direct fait partie des pratiques qui relèvent de l’agriculture régénératrice. Crédit photo : Archives/TCN

Le semis direct fait partie des pratiques qui relèvent de l’agriculture régénératrice. Crédit photo : Archives/TCN

L’ABC de l’agriculture régénératrice

Savez-vous ce qu’est l’agriculture régénératrice? En février 2017, des chercheurs de différents milieux se sont réunis pour s’entendre sur la définition suivante : pratiques culturales et de pâturages qui, entre autres, renversent les changements climatiques en reconstruisant le taux de matière organique du sol et en restaurant la biodiversité dégradée de celui-ci, ce qui a pour résultat de réduire les concentrations de carbone dans l’atmosphère et d’améliorer le cycle de l’eau. [Traduit de l’anglais, The Carbon Underground.]

Plus précisément, les pratiques de l’agriculture régénératrice incluent : 

le travail de semis direct minimum du sol, notamment pour préserver la structure de celui-ci et protéger la vie qui s’y déroule. D’autre part, la réduction des passages de la machinerie diminue la consommation de carburant;

les cultures de couverture, la rotation des cultures, l’application de compost et de fumier pour nourrir les micro-organismes présents dans le sol, qui contribuent à la libération et à la synthèse des nutriments essentiels aux plantes afin de réduire l’utilisation d’engrais chimiques. Toutes ces pratiques servent à augmenter la teneur en carbone du sol;

la reconstruction de la biodiversité de l’écosystème du sol en inoculant celui-ci avec un compost ou un extrait de compost liquide. Cette étape consiste à inoculer le sol avec les micro-organismes favorables aux cultures implantées;

les pratiques de pâturages intensifs, notamment pour améliorer les rendements et accroître la teneur en carbone du sol. Cette gestion consiste à déplacer fréquemment le troupeau afin d’augmenter les rendements et d’offrir une bonne alimentation à celui-ci à faible coût. La gestion par pâturages intensifs permet également une réduction de l’utilisation de la machinerie liée à la culture et à l’épandage de fumiers, le développement du système racinaire des cultures et l’amélioration de la structure du sol ainsi que de la santé globale du troupeau.

Un ensemble de pratiques

Ces pratiques de conservation ne sont pas nouvelles. Or, c’est l’intégration de l’ensemble de ces pratiques qui permet au sol de se régénérer, et d’autant plus, d’emmagasiner du carbone. 

Les producteurs qui songent depuis quelque temps à modifier leurs pratiques doivent en parler à leur conseiller lors de la collecte de données pour l’année 2018 et planifier leurs rotations de culture cet hiver. Par ricochet, ils deviendront des leaders en agriculture et en lutte contre les changements climatiques.

Réductions potentielles de carbone

Selon les scientifiques, l’adoption de pratiques d’agriculture régénératrice sur l’ensemble des terres dégradées dans le monde pourrait permettre de réduire les concentrations de carbone dans l’atmosphère pour les amener au niveau de celles de l’époque préindustrielle. Le concept d’agriculture régénératrice est intimement lié au concept de sol vivant, puisque les micro-organismes présents dans le sol contribuent au cycle du carbone souterrain.

Clémence Fortier-Morissette, Agr., ing. jr., Club agroenvironnemental de l’Estrie