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Les vaches dépensant beaucoup d’énergie dans la production laitière devraient recevoir des suppléments en vitamine A et en vitamine D.

Les vaches dépensant beaucoup d’énergie dans la production laitière devraient recevoir des suppléments en vitamine A et en vitamine D.

La nature et la génomique

Les vaches laitières ont parfois des problèmes à se reproduire lorsqu’elles sont dans la période la plus intense de production laitière. Cette période survient généralement deux mois après le vêlage. Si le phénomène est bien connu des producteurs laitiers, il n’est pas encore bien compris du grand public.

Le manque d’énergie lié à la forte production est un facteur important, mais on ignore comment il agit sur le système reproducteur. Pour analyser ce phénomène, l’équipe de recherche du professeur Marc-André Sirard a eu recours à la génomique fonctionnelle, qui vise à analyser comment fonctionnent les gènes dans un tissu précis. Même si toutes les cellules ont le même génome, elles exercent des rôles différents dans nos tissus selon les gènes qui y sont actifs.

La première étude effectuée visait à mesurer 40 000 gènes dans les follicules ovariens (où sont produits les ovules) à des périodes de 30, 60, 90 et 120 jours après le vêlage, afin de déterminer si l’ovaire changeait sa façon de travailler en fonction des jours post-partum. Les chercheurs ont constaté que le moment le plus critique, qui diffère davantage du jour 120 (où la fertilité redevient normale), est le jour 60. Ils ont également réalisé que les gènes les plus affectés étaient liés au niveau de l’acide rétinoïque, issu de la vitamine A.

Des vitamines A et D moins efficaces

À la lumière de ces résultats, les chercheurs se sont donc concentrés sur le jour 60, où les vaches ont été classées en fonction de leur niveau de stress métabolique, en mesurant un composé qui découle de la mobilisation des réserves de graisse, appelé beta hydroxy butyrate (BHB). Les vaches qui utilisaient davantage leurs réserves ont démontré une déficience dans les gènes dépendant de la vitamine A, mais aussi dans les gènes moins actifs, dépendant de la vitamine D. Il semble donc que ces deux vitamines peinent à jouer leur rôle durant cette période du cycle laitier, d’autant plus que ces vitamines se retrouvent également dans le lait.

Par conséquent, les vaches dépensant beaucoup d’énergie dans la production laitière devraient recevoir des suppléments en vitamine A (contenue principalement dans les fourrages frais) et en vitamine D (provenant en partie du soleil). « Si la vache sent que c’est le printemps, son ovaire fera un effort pour concevoir un veau, malgré le déficit métabolique », explique le professeur Marc-André Sirard.

Un chef de file en génomique

La réputation du professeur Marc-André Sirard comme chef de file en génomique n’est plus à faire. Ses travaux sur la reproduction animale ont permis d’enrichir considérablement l’arsenal médical utilisé pour combattre l’infertilité humaine et bon nombre de maladies. La méthode qu’il a mise au point pour produire les premiers bovidés conçus in vitro est maintenant utilisée à travers le monde. On lui doit également un système de culture d’embryons de bovins à partir de cellules récupérées à l’abattoir, maintenant utilisé dans plus de 400 laboratoires de pointe.