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Patrick Cortbaoui travaille auprès de producteurs vivant de l’insécurité alimentaire pour trouver avec eux des solutions concrètes. Photo : Agence Science-Presse

Patrick Cortbaoui travaille auprès de producteurs vivant de l’insécurité alimentaire pour trouver avec eux des solutions concrètes. Photo : Agence Science-Presse

Des solutions concrètes contre l’insécurité alimentaire

« Nous travaillons avec des gens qui perdent leurs récoltes. Ils souffrent d’insécurité alimentaire prononcée et ont besoin de solutions rapides, efficaces et durables. » C’est ainsi que Patrick Cortbaoui présente la situation extrême dans laquelle se trouvent plusieurs producteurs, en particulier dans les pays en voie de développement.

« L’insécurité alimentaire est un problème complexe qui ne peut pas être réduit à la pauvreté, précise le Dr Cortbaoui, ingénieur agricole et directeur général de l’Institut Margaret A. Gilliam pour la sécurité alimentaire mondiale de l’Université McGill. Il s’agit surtout d’une distribution inéquitable des aliments. » Pour lutter contre ce problème, il cherche à augmenter la productivité agricole des gens touchés, tout en conservant les ressources naturelles et en minimisant la dégradation de l’environnement.

Lorsqu’il commence un nouveau projet, Patrick Cortbaoui réalise une enquête et des entrevues avec les agriculteurs pour bien comprendre leurs problèmes et leur contexte. « Par exemple, dans certains endroits, nous allons travailler sur la philosophie agricole, explique-t-il. Nous allons voir avec les producteurs comment optimiser la valeur de leur sol, quel est le meilleur moment pour la récolte, où entreposer les aliments et comment les transporter. »

Le Dr Cortbaoui conçoit aussi des stratégies visant à réduire les pertes après la récolte. Par exemple, le pré-refroidissement des fruits et des légumes frais permet d’augmenter leur durée de vie sur les tablettes. Son équipe travaille également sur la modification des conditions atmosphériques des conteneurs servant au transport. « Les recommandations que nous émettons varient toutefois entre les pays développés et ceux qui sont en voie de développement, souligne l’ingénieur. Par exemple, le pré-refroidissement n’est pas possible en Éthiopie puisque ce procédé est beaucoup trop cher. »

Détermination des causes

Dans les pays sous-développés d’Afrique, d’Asie, des Caraïbes ou d’Amérique latine, la rareté des ressources naturelles comme l’eau, les terres fertiles et les sources d’énergie explique en grande partie l’insécurité alimentaire. « Les changements climatiques empirent la situation puisqu’ils causent à la fois des sécheresses et des pluies abondantes, ce qui accélère l’érosion des sols, mentionne le Dr Cortbaoui. Dans certaines régions, les agriculteurs n’ont pas les connaissances nécessaires pour maintenir une bonne production dans ces conditions. » À cela s’ajoutent parfois des contextes sociopolitiques difficiles, comme des conflits armés ou des crises économiques.

Pour agir contre l’insécurité alimentaire, il faut donc une approche globale. « Depuis mon arrivée comme directeur de l’institut, j’essaie d’élargir l’étendue de nos travaux. Par exemple, nous collaborons maintenant avec les départements de science politique et de géographie pour cartographier les zones d’insécurité alimentaire. Nous voulons ainsi comprendre pourquoi certaines régions sont plus touchées que d’autres. Cette approche nous donne une image plus claire de la problématique », conclut Patrick Cortbaoui. 

Alimentation et santé

L’insécurité alimentaire a des répercussions importantes sur la qualité de vie des gens touchés. C’est pourquoi le Dr Cortbaoui collabore également avec la Faculté de médecine de l’Université McGill. Il cherche ainsi à comprendre les liens entre l’insécurité alimentaire et les troubles de santé mentale comme la dépression.

Kathleen Couillard, Agence Science-Presse