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Le bilan alimentaire consiste à faire la différence entre les éléments nutritifs apportés par la ration et ceux que les animaux retiennent pour leur croissance et leur production. Crédit photo : OAQ

Le bilan alimentaire consiste à faire la différence entre les éléments nutritifs apportés par la ration et ceux que les animaux retiennent pour leur croissance et leur production. Crédit photo : OAQ

Le bilan alimentaire, un outil précieux

Le bilan alimentaire s’avère un outil agronomique précieux pour évaluer l’efficacité de la gestion alimentaire au sein d’un élevage.

En effet, en compilant précisément les quantités d’aliments servis ainsi que leur composition nutritionnelle, le nombre d’animaux entrés, morts et vendus avec leur poids moyen respectif, ainsi que la production de lait ou d’œufs selon le cas, l’agronome a en main toutes les informations nécessaires pour évaluer l’efficacité alimentaire et nutritionnelle de l’élevage.

Prenons l’exemple d’un élevage porcin ou de poulets de chair dont les animaux ont une conversion alimentaire plus -élevée qu’à l’habitude ou supérieure à celle d’autres élevages du même type. Pour bien évaluer la situation, plusieurs éléments doivent être validés :

  • La génétique du troupeau est-elle comparable à celle des autres? En effet, les performances zootechniques varient selon les génétiques.
  • Comment les aliments sont-ils distribués et y a-t-il du gaspillage? Puisque le gaspillage est inclus dans le calcul du bilan alimentaire, cet élément doit être validé.
  • L’élevage a-t-il traversé une période de stress sanitaire pouvant justifier une dégradation de la conversion alimentaire?
  • La température ambiante à l’intérieur des bâtiments était-elle toujours optimale pour assurer le confort des -animaux? Des variations de température importantes peuvent avoir un impact sur les performances.
  • Dans le cas où les performances de croissance des animaux sont bonnes, mais que les rejets en phosphore et en azote par animal s’avèrent plus élevés que les valeurs références du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) par exemple, plusieurs éléments doivent aussi être validés : 
  • Quel est le programme alimentaire? Y a-t-il plusieurs phases d’alimentation au cours de la période d’élevage? L’utilisation d’un programme alimentaire adapté à chacune des étapes de la production permettrait de réduire les rejets en azote et en phosphore, puisque les besoins nutritionnels des animaux évoluent en fonction de leur croissance ou de leur stade physiologique.
  • La composition nutritionnelle des ingrédients est-elle bien caractérisée ou des « marges de sécurité » sont-elles utilisées lors de la formulation afin de s’assurer de ne pas sous-alimenter les animaux pour certains nutriments?
  • Quelle est la granulométrie des ingrédients utilisés? Une granulométrie fine améliorerait la digestibilité de la ration et l’efficacité de rétention des nutriments par les animaux. Il faut toutefois éviter une granulométrie trop fine pour certains types d’animaux, car cela peut avoir des impacts négatifs.

Des données fiables

Avant de porter un regard critique sur la conduite d’élevage, il ne faut pas oublier de valider les données utilisées pour les calculs. La quantité d’aliments servis par animal a-t-elle du sens? La composition nutritionnelle des aliments provient-elle d’une valeur théorique ou est-elle basée sur des analyses de laboratoire? Bref, il faut avoir confiance en vos données pour pouvoir vous fier sur vos calculs. 

Qu’est-ce que c’est?

Le bilan alimentaire consiste à faire la différence entre les éléments nutritifs tels que l’azote (N) et le phosphore (P) apportés par la ration (aliments concentrés et fourrages) et ceux que les animaux retiennent pour leur croissance et leur production (viande, œufs, etc.). Cette différence constitue les éléments -rejetés dans les déjections.

Laetitia Cloutier, agr., M. Sc., collaboration spéciale