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En juin 2017, le Maïs sucré de Neuville est devenu la 6e appellation réservée au Québec. Crédit photo : Archives TCN

En juin 2017, le Maïs sucré de Neuville est devenu la 6e appellation réservée au Québec. Crédit photo : Archives TCN

20 ans plus tard : le point sur les appellations réservées au Québec

En 1996, le Québec s’est doté d’une loi sur les appellations réservées. Celle-ci a été revue en 2006 afin de devenir la Loi sur les appellations réservées et les termes valorisants.

Constatant qu’au cours de ces 10 années aucun produit (sauf biologique) n’avait reçu la dénomination d’appellation réservée, nous avons décidé d’analyser la situation et d’organiser, en compagnie de professionnels et de producteurs du Québec, une mission en France afin de bien comprendre l’application et le fonctionnement d’une appellation.

Démarches décourageantes

Parmi les raisons évoquées pour justifier cette absence d’appellations, on retrouvait, entre autres, l’histoire relativement récente de notre agriculture. Nous avons cependant fait le constat que les entreprises intéressées par une appellation voyaient les démarches liées à son obtention comme un obstacle infranchissable. 

Pourtant, en 2009, l’Agneau de Charlevoix a décroché le titre d’Indication géographique protégée (IGP), ouvrant ainsi la voie à d’autres producteurs désireux d’acquérir ce titre. 

Nous avons donc décidé d’organiser un second colloque en 2011, réunissant cette fois-ci des producteurs afin de connaître les démarches entreprises par certains groupes pour se voir attribuer une appellation. À la lumière de nos échanges avec le milieu, nous avons décidé de collaborer étroitement à plusieurs projets d’appellations : Cidre de glace du Québec (IGP), Fromage de vache de race canadienne (appellation de spécificité – AS) et Maïs sucré de Neuville (IGP). Nous sommes fiers de cette collaboration, mais il est à noter que sans le travail acharné des producteurs, ces appellations n’auraient jamais vu le jour.

Croisée des chemins

Aujourd’hui, nous sommes à la croisée des chemins en ce qui concerne les appellations. Rappelons qu’une appellation réservée garantit au consommateur l’origine et l’authenticité du produit qu’il consomme. Cette information offre aux producteurs, par la même occasion, une protection contre l’usurpation.
L’appellation procure une plus-value à un produit, et celle-ci se crée tout au long de la filière. L’enjeu est maintenant de savoir qui s’appropriera cette plus-value, d’où l’importance d’avoir une bonne gouvernance. Il ne suffit pas d’obtenir l’appellation réservée; il faut également savoir la gérer et gérer le collectif. Sinon, quelqu’un dans la filière se chargera de tirer tout le profit de cette appellation, profit qui provient de la valorisation de l’origine par le consommateur. Le succès de cette démarche est essentiel pour l’avenir des appellations actuelles et pour le développement des appellations futures.  

À quoi servent les appellations réservées?

L’établissement d’une appellation réservée vise tout d’abord à protéger légalement le nom d’un produit. Cette mention peut également contribuer au rayonnement de celui-ci et au développement des entreprises qui en bénéficient. La reconnaissance d’une appellation peut favoriser le développement régional en stimulant l’activité économique des entreprises d’une région.

Rémy Lambert, professeur au Département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation