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Crédit photo : Sylvie Thibaudeau

Crédit photo : Sylvie Thibaudeau

Implanter des intercalaires dans le maïs avec un semoir à céréales modifié

L’idée de modifier un semoir à céréales pour semer les intercalaires dans le maïs a germé à la suite de la réalisation d’essais en petites parcelles. Les cultures intercalaires étaient alors semées au stade 4 à 6 feuilles du maïs dans des sillons creusés à la main, en comparaison avec des semis à la volée.

Certaines espèces comme le trèfle incarnat, le pois fourrager, la phacélie et la vesce s’implantaient mieux lorsqu’elles étaient semées dans des sillons plutôt qu’à la volée. Le semis d’intercalaires avec un semoir permet d’implanter une plus grande variété de cultures de couverture, de réduire la dépendance aux précipitations et d’élargir la fenêtre de semis. De plus, il est possible de réduire les taux de semis, ce qui diminue le coût d’implantation.

À l’automne 2015, un groupe d’agriculteurs et d’agronomes ont visité l’Université de Pennsylvanie afin de voir le semoir qui avait été développé pour semer trois rangs d’intercalaires par entre-rang de maïs. L’excellence des résultats obtenus a convaincu les participants à ce voyage de l’intérêt de cette technique. À leur retour au Québec, huit clubs-conseils de la Montérégie se sont regroupés pour démarrer un projet d’implantation à grande échelle d’intercalaires semés à l’aide d’un semoir à céréales modifié. Ce projet, réalisé avec l’appui du volet 3 du programme Prime-Vert du MAPAQ, est d’une durée de deux ans (2016-2017). L’objectif est de semer des intercalaires dans 400 ha de maïs avec un semoir à céréales modifié, et ce, chez 40 producteurs de la Montérégie.

En 2016, un mélange de trèfle incarnat, de radis fourrager et de ray-grass annuel a été semé à un taux de 12 kg/ha sur la majorité des sites. Dans chacun de ceux-ci, les sections de champ avec intercalaires étaient alternées avec des bandes sans intercalaire de façon à mesurer l’impact de l’ajout de cultures intercalaires sur le contrôle des mauvaises herbes et le rendement du maïs. Le développement des différentes espèces d’intercalaires a été observé durant toute la saison. Les biomasses des cultures de couverture ont été mesurées à l’automne. Les résultats de cette première année du projet sont très positifs. Les implantations ont été dans l’ensemble très bonnes, et ce, malgré le peu de précipitations reçues sur plusieurs sites.

Le projet se poursuivra en 2017 dans 20 nouvelles fermes, ce qui permettra de promouvoir cette technique prometteuse dans un plus grand nombre d’entreprises.

Sylvie Thibaudeau, agr. M. Sc. Club agroenvironnemental du Bassin La Guerre

Geneviève Deniger, agr. Agri Conseils Maska