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Les impacts liés à la santé des sols

Le problème de compaction des sols agricoles au Québec est une réalité d’actualité, d’autant plus que les événements climatiques connus au cours des dernières années n’améliorent pas le portrait de la situation.

La tendance générale observée pour pallier cet obstacle s’inscrit dans une vision à court terme et se traduit souvent par une augmentation des apports minéraux, notamment les engrais azotés, ainsi que par le redrainage des terres agricoles. Dans un contexte où l’on doit réduire les gaz à effet de serre (GES), il est essentiel de trouver des solutions à long terme afin d’optimiser les apports d’azote dans le système agricole.

Agri Conseils Maska, en collaboration avec le ministère québécois de l’Agriculture, le Centre de recherche sur les grains (CÉROM) et d’autres collaborateurs, a mis en place un projet d’une durée de trois ans, ayant comme objectif principal de démontrer l’efficacité de la fertilisation azotée sur un sol dégradé dans la production du maïs. Ce projet nous a permis d’intégrer plusieurs technologies afin de poser un diagnostic, de mesurer l’efficacité du drain souterrain en sol dégradé et en sol bien structuré et d’évaluer le potentiel d’un semis de ray-grass intercalaire pour améliorer la structure du sol.

Quatre sites ont été sélectionnés selon les préoccupations des producteurs, soit des zones de champs où les rendements étaient problématiques depuis un certain temps. Lors de la première et de la dernière année du projet, les parcelles étaient en maïs-grain. Un comparatif entre différentes doses d’azote a été fait. Des doses totales variant de 100, 150, 200 à 250 kg d’azote à l’hectare ont été comparées. Dans la zone dégradée, le rendement obtenu avec la dose de 250 kg N/ha a été équivalant au rendement de celle de100 kg N/ha dans la zone non dégradée.

L‘une des conclusions principales de ce projet est que les sols dégradés, qui se définissent essentiellement par un manque de structure et un déficit d’air, possèdent une dose économique optimale supérieure aux sols non dégradés. En d’autres termes, en sol dégradé, chaque kilogramme de grains produits nécessite un apport plus important d’engrais minéral azoté. Cela implique que chaque unité d’azote additionnelle requise contribue à augmenter les GES par la fabrication d’engrais minéral et par le risque accru de libération de GES en sols problématiques.

Mélanie Hardy, agronome, Agri Conseils Maska

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