Association blé-pois afin d’augmenter la teneur en protéines du blé en régie biologique

La qualité de la récolte représente un grand défi dans la culture de blé panifiable biologique au Québec. Le secteur agroalimentaire québécois s’approvisionne de blé dont la teneur en protéines totalise plus de 12,5 %.

Afin de satisfaire ce critère, les producteurs utilisent des engrais organiques comme source d’azote. Ces fumiers sont généralement appliqués l’automne qui précède le semis de blé. Des recherches européennes soutiennent qu’en l’absence d’engrais de ferme, la culture du blé associée à celle d’une légumineuse, dont la mort serait synchronisée avec l’épiaison du blé, permettait d’obtenir une récolte de blé dont le taux de protéines est plus élevé.

Durant les saisons de cultures 2015 et 2016, des taux de semis purs de blé de 70, 80 et 100 % en combinaison avec des taux de 20 et 30 % de semis purs de pois ont été réalisés sur 15 sites avec ajout ou non d’engrais de ferme. Les variétés retenues étaient le blé panifiable Walton et les pois Meadow. Les plants de ces pois sont très peu feuillus et courts; ils atteignent leur maturité en moins de 60 jours. Le rendement et le taux de protéines du blé ont été évalués.

L’analyse des résultats permet de conclure que le blé cultivé en association avec les pois avait en moyenne un meilleur taux de protéines que le blé cultivé seul. De plus, pour trois parcelles sur six cultivées sans fumier, le taux de protéines du blé était plus élevé quand il était associé à un taux de semis de 30 % de pois, comparativement au blé semé seul à 100 %. Deux fois sur trois, l’association (30 % de pois du semis) a permis de faire passer le taux de protéines au-dessus de 12,5 %, comparativement aux semis purs (100 % de blé).

À la lumière des résultats, l’association blé-pois pourrait être une belle solution de rechange à l’utilisation des engrais organiques.

Valérie Bouthillier Grenier, agr., Club Bio-Action
Gabriel Deslauriers, agr., M. Sc., Dura-Club secteur Montérégie-Ouest