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Mycorhizes associées aux racines de plantes fourragères pérennes.

Mycorhizes associées aux racines de plantes fourragères pérennes.

Une recette gagnante pour favoriser les mycorhizes

Les plantes fourragères pérennes offrent un couvert végétal dense et continu toute la saison, elles se maintiennent en place plusieurs années sans travail du sol et sont souvent composées de plus d’une espèce végétale en mélange. Elles favorisent ainsi la diversité de nombreux organismes dans nos agrosystèmes, notamment celle des champignons mycorhiziens. 

L’importance des mycorhizes arbusculaires est de plus en plus reconnue en agriculture. Ces associations symbiotiques entre un champignon et les racines d’une plante ont un impact positif sur la productivité de la plante hôte. Plus précisément, le champignon facilite l’absorption d’eau et d’éléments nutritifs en échange de sucres issus de la photosynthèse. Il peut même activer les mécanismes de défense des plantes contre les maladies.

Un réseau sensible au travail de sol

C’est par leurs réseaux d’hyphes, de longs et très minces filaments servant de prolongement aux racines (voir photo), que les champignons mycorhiziens parviennent à effectuer ces échanges. Toutefois, les réseaux d’hyphes sont très sensibles aux perturbations liées au travail du sol. Ils se rompent et peuvent difficilement être reconnectés. Réduire la fréquence du travail du sol favorise ainsi les mycorhizes.

Un couvert végétal continu et diversifié

Les plantes pérennes dans les rotations de culture augmentent beaucoup la diversité des mycorhizes dans le sol. En plus d’être associées à un travail du sol peu fréquent, les plantes pérennes sont en croissance pendant toute la saison. Elles fournissent ainsi, par leurs racines, un apport continu en sucres aux mycorhizes. L’abondance des mycorhizes est en général plus élevée là où l’on retrouve un mélange de plantes de différents groupes fonctionnels, comme les légumineuses et les graminées.

De plus, l’effet positif des plantes pérennes augmente en fonction de leur nombre d’années dans la rotation. Elles favorisent aussi la diversité et l’abondance des mycorhizes pour la culture suivante en rotation.

Considérant les rôles-clés qu’occupent les mycorhizes dans la productivité et la résilience des agrosystèmes, toutes les pratiques culturales favorisant un couvert végétal continu et diversifié ainsi qu’une fréquence réduite du travail du sol sont à privilégier. 

Éliane Bouchard, étudiante
Marie-Noëlle Thivierge, agr., Ph. D.
Jacynthe Masse, Ph. D., chercheuses scientifiques, Agriculture et Agroalimentaire Canada