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La concentration du CO2 dans l’air pourrait doubler d’ici la fin du siècle, ce qui affecterait la croissance, la valeur nutritive et la survie à l’hiver des plantes fourragères. Photo : Archives/TCN

La concentration du CO2 dans l’air pourrait doubler d’ici la fin du siècle, ce qui affecterait la croissance, la valeur nutritive et la survie à l’hiver des plantes fourragères. Photo : Archives/TCN

Les effets du CO2 sur les mélanges

Les plantes fourragères, cultivées sur la moitié des terres agricoles du Québec, représentent la pierre angulaire des productions laitières et bovines. Toutefois, en raison des émissions croissantes de gaz à effet de serre, la concentration du CO2 dans l’air pourrait doubler d’ici la fin du siècle, ce qui affecterait la croissance, la valeur nutritive et la survie à ­l’hiver des plantes fourragères.

Afin de faire la lumière sur ce sujet, un dispositif à aire ouverte permettant de cultiver des plantes au champ sous une concentration élevée de CO2 a été mis au point au centre de recherche d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Québec. Un premier site expérimental a été installé avec un mélange luzerne-fléole des prés.

Les résultats obtenus à ce jour nous indiquent que le CO2 a un effet généralement positif sur le rendement du mélange. Ainsi, les augmentations de rendement les plus marquées ont été observées à la première et à la deuxième coupe, sous des températures chaudes, propices à une bonne croissance. À l’inverse, les températures fraîches de l’automne, jumelées au CO2 élevé, ont réduit le rendement du mélange lors de la quatrième coupe. La hausse du rendement durant l’été s’est toutefois accompagnée d’une augmentation significative de la concentration en fibres au détergent acide (ADF) et au détergent neutre (NDF), qui s’est traduite par une légère baisse de la digestibilité du fourrage. Ceci pourrait entraîner une diminution de l’ingestion alimentaire des vaches en lactation, de même que de la production laitière. Une légère baisse de la concentration en protéines a également été observée, mais aucun effet sur la concentration en sucres. D’autre part, le CO2 élevé n’a pas affecté l’accumulation des réserves dans les collets des plantes à l’automne. Puisque ces réserves sont nécessaires aux plantes pour passer l’hiver, il semble que les chances de survie hivernale de la luzerne seront similaires à ce que nous connaissons aujourd’hui.

Un deuxième site expérimental identique a été installé en Alberta. La poursuite de ce projet de recherche dans deux régions climatiques contrastées du Canada permettra d’établir avec plus de précision les effets de l’augmentation du CO2. Par la suite, cela permettra de quantifier ceux-ci à l’échelle des exploitations agricoles, tout en tenant compte des caractéristiques de chaque région. 

Jonathan Messerli, agr.