La progression du rendement moyen de maïs reposerait pour 40 % sur le perfectionnement des pratiques culturales et pour 60 % sur la génétique. Crédit photo : Ordre des agronomes du Québec

La progression du rendement moyen de maïs reposerait pour 40 % sur le perfectionnement des pratiques culturales et pour 60 % sur la génétique. Crédit photo : Ordre des agronomes du Québec

Amélioration de l’efficacité de l’azote chez les hybrides modernes

Depuis les années 1980, le rendement moyen de maïs a augmenté à un taux relativement stable de 120 à 140 kg/ha/an au Québec comme ailleurs en Amérique du Nord. Il atteint aujourd’hui près de 10 t/ha.

On estime que la progression du rendement moyen repose pour 40 % sur le perfectionnement des pratiques culturales et pour 60 % sur la génétique.

Parmi les facteurs culturaux, notons :

  • l’augmentation des densités de peuplement;
  • les semis plus hâtifs;
  • le perfectionnement des méthodes de travail du sol;
  • l’irrigation (É.-U.).

Quant à l’amélioration génétique, elle s’est manifestée par les facteurs suivants :

  • la résistance au stress subi à forte densité de peuplement : moins de tiges stériles, meilleure tenue, augmentation de l’indice de récolte de < 50 % à > 56 % (les hydrates de carbone sont dirigés davantage vers l’épi que vers la biomasse);
  • la modification de l’architecture racinaire : orientation plus verticale, système plus développé atteignant plus de 2 m de profondeur, capacité d’absorber plus d’eau et d’azote et de supporter une biomasse aérienne plus imposante;
  • l’augmentation de la surface foliaire à plus de 3,5 m2/m2 (feuillage/sol) au stade fin végétatif, ce qui maximise la captation de la radiation solaire, surtout dans les régions à courte saison de croissance;
  • une plus grande tolérance aux mauvaises herbes;
  • le maintien de la surface foliaire photosynthétique durant la période de remplissage des grains (« staygreen »);
  • une meilleure efficacité de l’utilisation de l’azote (N).

Efficacité de l’utilisation de l’azote

La progression du rendement moyen s’est poursuivie alors que la dose N/ha moyenne n’a pas changé (autour de 150 kg N/ha aux É.-U.), ce qui démontre une amélioration de l’efficacité de l’utilisation de l’azote chez les hybrides modernes.

L’efficacité de l’utilisation de l’azote (Nitrogen utilization efficiency – ou NUE) est généralement exprimée par le rapport entre la variation de rendement (de la parcelle fertilisée – parcelle à 0 N) divisée par la quantité d’azote appliquée.

Les nouveaux hybrides produisent plus de grains pour une même quantité d’azote absorbée, et la différence est plus nette encore à la dose économique optimale plutôt qu’à 0 N.

D’un point de vue morphologique, cette évolution est visible et expliquée par un système racinaire plus développé, plus profond et plus vertical, une surface foliaire plus étendue, une capacité photosynthétique plus durable et moins de sénescence hâtive qui permet d’absorber plus d’azote après la floraison.

Les adaptations du système racinaire, concomitantes au progrès en amélioration génétique pour le rendement, expliquent sans doute en partie pourquoi les nouveaux hybrides dépendent moins des associations mycorhiziennes, autant pour leurs besoins en N qu’en phosphore.  

Dans la majorité des situations, l’application tardive ne s’avère pas rentable pour le producteur.

Absorption d’azote des nouveaux hybrides

Les nouveaux hybrides absorbent plus de 36 % de leur besoin total en azote après le stade « sortie des croix », comparativement à moins de 30 % pour les hybrides d’avant 1990. Beaucoup de cet azote provient du sol et il a été plusieurs fois démontré que l’application tardive d’azote au-delà du stade V8 n’était pas justifiée.

Louis Robert, agr., M.Sc., MAPAQ