Les producteurs échangent avec les chercheurs sur la diversité des cultures comme moyen de contrer les conditions météorologiques extrêmes. Photo : Régénération Canada
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S'abonner maintenantEn 2023, la Dre Cynthia Kallenbach et son équipe ont commencé le projet de recherche DART (Diversity and Rainfall Treatment) sur le campus Sainte-Anne-de-Bellevue de l’Université McGill afin de voir s’il existe des solutions pour atténuer les effets du changement climatique. Cette recherche, toujours en cours, repose sur deux facteurs : la diversité des cultures et les précipitations. Sept combinaisons de légumineuses et de petites céréales, dont le blé de printemps, le haricot sec, le seigle, le trèfle blanc et le Kernza (un type de blé vivace en développement) et trois niveaux de précipitations sont mis à l’essai. Pour chaque parcelle, les précipitations sont contrôlées par des abris contre la pluie et des systèmes d’irrigation. Les conditions du sol et de culture sont suivies à l’aide de capteurs et de systèmes d’enregistrement et d’analyse de données.
Un volet sur l’effet de la diversité des cultures sur la santé des sols est dirigé par la Dre Nadia Moukanni, une jeune chercheuse postdoctorale, tandis que Théo Humbeeck, étudiant en deuxième année de doctorat en ingénierie des bioressources, cherche à comprendre comment cette diversité affecte les émissions de gaz à effet de serre (GES) et les cycles de l’azote et du carbone à travers la modélisation, sous la direction du Dr Grant Clark.
Les résultats préliminaires suggèrent qu’une plus grande diversité des cultures pourrait réduire les émissions de GES, en particulier l’oxyde nitreux (N₂O), dont le potentiel de réchauffement de la planète est trois fois plus élevé que celui du CO₂. Fait intéressant, certaines parcelles présentent des pics de N₂O plus élevés, alors que d’autres n’émettent que des quantités minimes. Ces observations suggèrent que le type de culture et la fertilisation azotée peuvent avoir un effet plus important sur les émissions que l’augmentation de la diversité.
L’engagement du milieu
Ce projet se distingue aussi par son engagement à répondre aux besoins réels du milieu. En août 2024, Régénération Canada, l’équipe de recherche et le Groupe Pro Conseil ont réuni un groupe de producteurs et productrices du sud du Québec afin de comprendre leur intérêt pour cette recherche, leurs motivations à accroître la diversification des cultures et les obstacles auxquels ils ont été confrontés. Ils ont constaté, sur la base de l’intégration de cultures de couverture dans leurs systèmes de production, une amélioration de l’infiltration et de la rétention de l’eau, ce qui s’est avéré utile lors de précipitations excessives ou de sécheresse.
L’agriculture régénératrice présente une approche attirante pour les producteurs et productrices dans un contexte où la santé des sols est au cœur de la résilience agricole. Subissant des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles et intenses, ils doivent constamment s’adapter à ces nouvelles réalités. La diversité des cultures pourrait-elle être l’une des clés de la résilience de nos fermes?