La mesure des rendements et de la biodiversité des parcelles d’essais sur le site de l’Université McGill. Photo : Regénération Canada
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S'abonner maintenantL’été s’annonce chaud en matière de résultats pour le projet de recherche portant sur la biodiversité des cultures de la Dre Cynthia Kallenbach, de l’Université McGill. En 2025, les mêmes essais initiés en 2023 se poursuivent : sept combinaisons de légumineuses et de céréales (blé de printemps, haricot sec, seigle, trèfle blanc et blé Kernza) et trois niveaux de précipitation.
Racines et diversité favorisent la captation du carbone
« Nous venons de terminer la collecte d’échantillons pour mesurer le carbone du sol en profondeur (60-80 cm). Nous analyserons s’il y a une augmentation de cette matière grâce aux racines du Kernza et des plantes vivaces, qui sont capables d’apporter plus de carbone loin dans le sol, là où il est mieux protégé contre les perturbations », explique la Dre Kallenbach.
L’équipe constate qu’avec une plus grande diversité des cultures, la chimie de la matière organique du sol change en montrant des concentrations plus élevées de composés, qui sont généralement plus stables ou persistants dans le sol (par exemple, les lipides), ce qui est une bonne chose pour la séquestration du carbone.
La communauté microbienne du sol sous la loupe
L’arrivée dans le projet d’un chercheur postdoctoral, Jakub Papik, microbiologiste du sol, apporte un nouvel éclairage sur la composition, les rôles et les fonctions des communautés bactérienne et fongique du sol par l’étude de leurs gènes fonctionnels et des métabolites qu’elles relâchent dans le sol.
Les analyses préliminaires montrent que l’augmentation de la diversité des cultures modifie la composition du microbiome du sol, à la fois dans le blé annuel et vivace. La prochaine étape consiste à vérifier si certaines combinaisons de diversité de cultures favorisent des microorganismes bénéfiques, avec des effets possibles sur la santé du sol et les rendements, ce qui pourrait s’avérer avantageux pour les producteurs.
Les chercheurs observent aussi que la diversité de la population bactérienne du sol est modifiée après une augmentation et une réduction des précipitations, par rapport à la température ambiante. Cet effet varie en fonction des combinaisons de diversité de cultures et il est particulièrement prononcé dans les monocultures de blé vivace et de haricots. Cela signifie que des plantations plus diversifiées pourraient contribuer à protéger la diversité microbienne souterraine et donc influencer la résilience.
En attendant les découvertes de la saison 2025, on constate que les résultats préliminaires tendent à démontrer que les cultures diversifiées, ou multi-espèces, sont plus résilientes face aux variations de précipitation tout en favorisant une vie microbienne plus stable et plus riche. Voilà une belle pratique régénératrice à intégrer dans vos plans de culture !
Ce projet est financé par le FRQNT (Fonds de recherche du Québec – Nature et technologie) – Programme de recherche en partenariat – Agriculture durable. Le transfert des connaissances est assuré par Régénération Canada – www.regenerationcanada.org.