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Le Vignoble Rivière du Chêne constate avec plaisir une recrudescence des touristes sur son site. Photo : Gracieuseté du Vignoble Rivière du Chêne

Le Vignoble Rivière du Chêne constate avec plaisir une recrudescence des touristes sur son site. Photo : Gracieuseté du Vignoble Rivière du Chêne

Une deuxième vague d’achalandage frappe l’agrotourisme

Les visites à la ferme et l’achat de produits locaux sont tendances, plus que jamais, constate Charles-Henri de Coussergues, président de l’Association de l’agrotourisme et du tourisme gourmand du Québec.

« C’est tout simplement incroyable! Chez moi et chez de nombreux collègues, nous battons des records de ventes comparativement à l’an dernier. Ce sont même des records de mois en mois », assure celui qui est aussi copropriétaire du Vignoble de l’Orpailleur situé à Dunham en Montérégie.

Au Saguenay Lac-Saint-Jean, les touristes s’arrachent les quelque 10 000 cartes qui proposent des choix de destinations agrotouristiques. Si bien que les réserves de cartes sont déjà à sec. Du jamais vu, stipule Bénédicte Armstrong, agente aux communications de la table agroalimentaire de la région. Sur le terrain, l’engouement est réel, confirme Justine Boivin-Côté, copropriétaire de la Fromagerie Médard, située à Saint-Gédéon. « C’est encore plus fort que l’an passé […] Je dirais que nous avons 25 % de plus de ventes et l’an dernier, nous avions déjà 30 % de plus que l’année d’avant », compare-t-elle. Sa famille vient d’investir afin d’agrandir la fromagerie et le stationnement. « C’était déjà dans notre plan d’affaires de prendre de l’expansion, mais avec les conditions actuelles, on s’est organisés pour recevoir vraiment gros du monde », ajoute Mme Boivin-Côté.

De l’autre côté du Lac, à Saint-Félicien, la fromagerie Bouchard Artisan Bio enregistre un plus gros mois de juillet qu’en 2020, avec une augmentation de l’achalandage de 17 % et une hausse des ventes de 30 %. « Il y a comme un petit quelque chose de différent : les gens sont vraiment de bonne humeur. Ils entrent avec le sourire et sont friands des produits de la région. Je sens que ça va rester », commente avec optimiste la copropriétaire Valérie Lefebvre.

Ailleurs aussi

À Magog, en Estrie, la propriétaire de la ferme Au Pied Levé, Marie-Thérèse Bonnichon, ne voudrait surtout pas manquer la parade et accepte parfois des clients pour des visites guidées un peu après la plage horaire prévue à cet effet. « C’est gênant de leur dire que les visites sont terminées, surtout s’ils achètent des produits », soutient l’éleveuse de bœufs, de chèvres et de plusieurs autres animaux. Aux Îles-de-la-Madeleine, les destinations agrotouristiques ont commencé cette saison en force. L’entreprise de vin artisanal et d’alcool Le Barbocheux, à Havre-aux-Maisons, connaît sa meilleure saison depuis son ouverture en 2004. « On a commencé dès le mois de juin à 100 miles à l’heure, alors que d’habitude, c’est graduel jusqu’à juillet-août, où c’est notre pic », raconte la copropriétaire Sylvie Langford.

En Abitibi-Témiscamingue, le propriétaire du Domaine DesDuc, Richard Dessureault, évalue que l’achalandage à son vignoble a augmenté d’environ 25 à 30 % cette année et l’an dernier. Il estime que la publicité réalisée par sa MRC a contribué à cette hausse. Cela lui a apporté des ventes supérieures de 50 % comparativement à 2019, puisque les clients achètent plus. Selon lui, l’an prochain « sera l’heure de vérité », à savoir si l’achalandage sera encore ou non présent. Le vigneron, qui est à court de vin rosé, compte planter des vignes afin de suffire à la demande.

Finalement, au sud-ouest de Montréal, le Vignoble Rivière du Chêne voit aussi arriver les clients avec joie. « Nous avons ouvert le bistro du mercredi au dimanche en nous demandant si les gens viendraient un mercredi soir. Ben oui, ils sont là! », partage Marie Charest, responsable du marketing. Le vignoble, malgré une forte demande et en raison d’une pénurie de personnel, a dû réduire les heures d’ouverture de son bistro du jeudi soir au dimanche.

Le vignoble demeure cependant ouvert 7 jours sur 7. Les données de Terego, un service de camping à la ferme, témoignent également de cet engouement. L’organisme compte actuellement 4 000 membres caravaniers, soit plus du double des inscriptions à la fin de la saison dernière.

Avec la collaboration de Martine Veillette et de Caroline Morneau


Pour en apprendre plus sur le sujet, consultez notre dossier complet dans La Terre de chez nous du 28 juillet. Pour vous abonner, c’est par ici.