Vie rurale 6 mars 2017

Une terre du Bas-Saint-Laurent au cœur du film Arrival

La terre agricole de Carol Roy, à Saint-Fabien près de Rimouski, est en vedette dans le film Arrival (L’arrivée), qui a valu à Denis Villeneuve une nomination pour la meilleure réalisation aux Oscars.

Il a fallu neuf semaines à l’équipe de tournage pour transformer les lieux en campement militaire du Montana au-dessus duquel s’immobilise un vaisseau extraterrestre. Tout l’équipement a été transporté par les tracteurs de M. Roy, question d’éviter la compaction des sols. « Les dix-roues ne pouvaient pas aller dans les champs parce qu’il ne faisait que pleuvoir », raconte l’éleveur de bœufs nature.

La production était à la fois soucieuse de ne pas nuire aux cultures de l’agriculteur et d’avoir des plaines aussi vierges que possible pour le tournage.

Le réalisateur Denis Villeneuve et Jeremy Renner sur le plateau de Arrival. Crédit photo : Gracieuseté de Paramount
Le réalisateur Denis Villeneuve et Jeremy Renner sur le plateau de Arrival. Crédit photo : Gracieuseté de Paramount

Des plaines verdoyantes

L’équipe a songé un moment à rendre le décor désertique au moyen d’un herbicide. La décision d’opter plutôt pour les herbes longues a ravi le propriétaire des lieux, qui a suggéré d’épandre du fumier de poule pour en accélérer la pousse. Le directeur artistique Robert Parle, responsable de la conception des décors, a craint de ne pas obtenir la hauteur désirée. « Tous les jours, je regardais les graines et j’espérais qu’elles aient bougé », raconte en riant celui qui en a appris beaucoup sur l’agriculture à Saint-Fabien.

La présence de fossés entre les champs a compliqué l’aménagement du chemin reliant le campement au vaisseau. Seize ponceaux ont dû être installés puis camouflés. « À cette fin, on a détourbé de la pelouse dans un autre champ, explique l’agriculteur. Ils ne pouvaient pas acheter du gazon de golf, qui n’aurait pas eu la même couleur que ma prairie. »

Phénomène rare

Les vagues de nuages qui descendent des montagnes sur certains plans aériens durant le film n’ont pas été ajoutées à l’ordinateur. « C’est notre vrai brouillard qui arrive du fleuve Saint-Laurent et qui saute la montagne trois ou quatre fois par année », raconte M. Roy, qui n’en revient pas encore que le phénomène se soit produit pendant la semaine de tournage. C’était inespéré, surtout que ce jour-là, le réalisateur Denis Villeneuve était déjà à bord d’un hélicoptère pour faire des tests d’image. Il a ainsi pu immortaliser la terre de 500 acres dans ses plus mystérieux atours.

Crédit photo : Gracieuseté de Paramount
Crédit photo : Gracieuseté de Paramount

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