fbpx
La toute nouvelle récolteuse d’asclépiade est en action ces jours-ci. Au même moment, les producteurs viennent d’apprendre que leur principal acheteur est acculé à la faillite. L’agriculteur Daniel Allard ne s’en fait pas outre mesure. « Je reçois des appels tous les jours de gens qui veulent de la soie d’Amérique », dit-il. Crédit photo : Coopérative Monark

La toute nouvelle récolteuse d’asclépiade est en action ces jours-ci. Au même moment, les producteurs viennent d’apprendre que leur principal acheteur est acculé à la faillite. L’agriculteur Daniel Allard ne s’en fait pas outre mesure. « Je reçois des appels tous les jours de gens qui veulent de la soie d’Amérique », dit-il. Crédit photo : Coopérative Monark

Le principal acheteur d’asclépiade fait faillite : les producteurs  « soulagés » !

La compagnie Encore 3, qui achetait l’ensemble de la récolte des producteurs d’asclépiade du Québec, a officiellement déclaré faillite le 11 octobre dernier. Les producteurs ne s’en font pas, étonnamment.

« On sentait que notre acheteur battait de l’aile, mais on avait signé un contrat d’approvisionnement. Avec la faillite, le contrat est annulé. Et les compagnies qui souhaitent racheter son équipement et relancer la transformation sont solides. Elles sont prêtes à nous amener plus loin. On vient de changer de monde; on est soulagés », commente Daniel Allard, producteur et président de la Coopérative Monark, qui représente 125 producteurs d’asclépiade, principalement du Québec, mais aussi des États-Unis.

Malgré la faillite, l’équipement de transformation reste à la portée d’un nouvel acquéreur. En effet, le Centre local de développement (CLD) Mékinac a protégé son investissement dans le projet en détenant une première hypothèque sur l’équipement. Le directeur par intérim Pierre Germain a réitéré à La Terre que la soie d’Amérique issue de l’asclépiade est un produit d’avenir. « Sa transformation en Mauricie demeure une priorité pour le CLD et nous sommes en discussion avec des gens intéressés à remettre en fonction l’équipement », assure M. Germain.

Innovation

La récolte d’asclépiade s’effectue ces jours-ci sur près de 200 hectares en Mauricie, en Chaudière-Appalaches et au Bas-Saint-Laurent. Pour une première année, les opérations sont entièrement mécanisées à l’aide d’une récolteuse performante. « Le défi cet automne consistait à confectionner des boîtes de conditionnement pour la fibre. On est des gens de la campagne et on se débrouille. Je suis fier de ce qu’on a trouvé comme solution », souligne M. Allard. Mais il ajoute que « c’est stressant! Avec tout l’ouvrage qu’on exécute, on n’avait pas besoin de la faillite de l’acheteur ».

Manteaux à 800 $

Il faut attendre trois ans pour que l’implantation d’une culture d’asclépiade puisse générer une première récolte. Les surfaces ensemencées augmentent chaque année et se chiffrent à 1 500 hectares en 2017. De fait, cette plante, qui était jadis considérée comme une mauvaise herbe, est maintenant très estimée par les manufacturiers de manteaux, qui utilisent sa fibre comme isolant.

La compagnie Quartz Co., de Saint-Hyacinthe, a produit une première ligne de manteaux haut de gamme isolés à la soie d’Amérique cette année. « La fibre de soyer d’Amérique [venant de l’asclépiade] emprisonne la chaleur, est légère et réagit très bien sous la compression. C’est un isolant qui nous différencie; les premiers manteaux ont connu un bon succès », explique Jean-Philippe Robert, président de Quartz Co. Si bien que l’entreprise doublera sa commande d’asclépiade en 2018.

Certains manteaux isolés avec la soie d’Amérique se détaillent à plus de 800 $ et sont vendus dans 12 pays.