fbpx
Photo : Shutterstock.com

Photo : Shutterstock.com

Les travailleuses de rang font face à des cas plus lourds

Au cœur des familles agricoles (ACFA) vient de vivre son automne le plus occupé depuis longtemps. « Le gros de la pandémie est passé, mais on dirait que chez les producteurs agricoles, ça sort toujours après », a affirmé Nathalie Roy, productrice porcine et présidente du conseil d’administration de l’organisme, lors de son passage au Porc Show, le 7 décembre, à Québec.

Elle a affirmé qu’il y a eu une recrudescence des demandes d’aide auprès des travailleuses de rangs d’ACFA. « On s’apprête à demander une plus grosse subvention au programme de soutien aux organismes communautaires pour pouvoir embaucher plus de travailleurs de rang, car là, il ne faut pas épuiser nos ressources. Le ministre [de l’Agriculture, André] Lamontagne, nous a assuré qu’il était derrière nous », a précisé Mme Roy.

Les travailleuses de rang Lysa-Pier Bolduc et Martine Fraser, accompagnées de Nathalie Roy, productrice porcine et présidente de l’organisme Au cœur des familles agricoles. Photo : Patricia Blackburn/TCN

Les travailleuses de rang Lysa-Pier Bolduc et Martine Fraser, accompagnées de Nathalie Roy, productrice porcine et présidente de l’organisme Au cœur des familles agricoles. Photo : Patricia Blackburn/TCN

Les travailleuses de rang Lysa-Pier Bolduc et Martine Fraser constatent par ailleurs que les cas sont plus lourds que les années passées, principalement parce que les enjeux agricoles se sont complexifiés avec des événements comme la pandémie, la guerre en Ukraine, le manque de main-d’œuvre et l’inflation. « Les producteurs agricoles sont des gens très résilients, mais la résilience, ça peut devenir épuisant à la longue, a mentionné Mme Bolduc. Et puis, avec la période des récoltes qui vient de se terminer, l’heure est au bilan, et c’est souvent à ce moment que la détresse ressort. »

Sa collègue souligne que le manque de reconnaissance, notamment dans la production animale, est un facteur aggravant pour certaines personnes. « Parce que quand on travaille fort sept jours sur sept et qu’on ne sent pas que notre travail est reconnu en retour [du public en général], ça ajoute à la détresse », a fait valoir Mme Fraser.

Devant les divers intervenants de l’industrie porcine, les deux travailleuses de rang ont rappelé l’importance de prendre du temps pour soi et ne pas hésiter à demander de l’aide au besoin.  « C’est un peu comme épandre du fumier. Ce n’est pas la job la plus l’fun à faire, mais après, ça pousse mieux! » a lancé Martine Fraser. 


Vers un service de soutien psychologique pour les TET?

Un producteur porcin a demandé aux intervenantes d’Au cœur des familles agricoles (ACFA) qui présentaient une conférence dans le cadre du Porc Show, le 7 décembre, si les travailleurs étrangers temporaires (TET) avaient aussi accès aux services d’aide de l’organisme. « C’est quelque chose qu’on regarde de plus en plus, parce qu’on remarque qu’il y a des besoins grandissants », a répondu la présidente du conseil d’administration d’ACFA, Nathalie Roy. « Présentement, on ne laisse personne dans le vide. Quand un travailleur étranger temporaire manifeste le besoin de parler à une intervenante, il y a différentes solutions, comme d’engager un interprète », a-t-elle ajouté.

Michel Pilon, directeur général du Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants du Québec, n’est pas surpris de voir ce genre de besoins ressortir dans le milieu agricole, alors que le nombre des TET ne cesse d’augmenter dans les fermes. « On peut comprendre la situation de certains de ces travailleurs, par exemple ceux qui ont des contrats de 11 mois ou plus, car c’est très difficile de rester loin de sa famille aussi longtemps », estime-t-il.

L’organisme qu’il dirige accompagne les TET dans les services de santé et de justice, mais l’aspect psychologique des TET dépasse leur mandat actuel. « Ça relève plus des services sociaux, mais c’est quelque chose qui pourrait facilement être rattaché à nos services s’il y a éventuellement des besoins en ce sens », souligne M. Pilon.