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Réjean O’Connor ne dort plus que dans des fermes avec son véhicule récréatif. Photo : Gracieuseté de Réjean O’Connor

Réjean O’Connor ne dort plus que dans des fermes avec son véhicule récréatif. Photo : Gracieuseté de Réjean O’Connor

Dans le stationnement d’une ferme…

Ces derniers temps, le camping est en vogue. Certains caravaniers délaissent toutefois les terrains traditionnels pour se stationner dans le champ d’une ferme le temps d’une nuit grâce à un réseau d’hôtes élaboré par une mère et sa fille. Les voyageurs qui ont témoigné de leur expérience à La Terre gardent un souvenir impérissable de la fois où… ils se sont fait réveiller par des vaches, où ils ont pu cueillir de l’argousier dans un grand panier accroché à la taille ou encore, où ils ont sauvé un troupeau de veaux en fuite.

« La beauté, c’est que d’un endroit à l’autre, l’expérience est différente », affirme Stéphane Parent, qui utilise le service Terego depuis ses débuts en 2017. Il signale que dans un camping traditionnel, on ne retrouve pas de pommiers en fleurs ni de vue sur la Côte-de-Beaupré et il n’arrive jamais de se faire réveiller à 5 h du matin par des vaches.

Lors d’un des séjours, les enfants de Stéphane Parent ont eu droit à une dégustation de boisson sans alcool. Photo : Gracieuseté de Stéphane Parent

Lors d’un des séjours, les enfants de Stéphane Parent ont eu droit à une dégustation de boisson sans alcool. Photo : Gracieuseté de Stéphane Parent

« C’est la meilleure façon de découvrir notre pays, affirme Huguette Roch, qui a eu la piqûre dès sa première expérience il y a quatre ans. C’est calme; tu es dans la nature. Ce n’est pas comme un camping où on est cordés les uns sur les autres. » Cette dernière aime aussi mettre la main à la pâte dans les endroits où elle dort et se réjouit d’avoir déjà pu participer au train. « On y va selon l’ouverture du producteur. C’est important de le respecter. Il nous accueille chez lui », relate celle qui campe à la ferme tous les week-ends de mai à octobre.

La résidente de Lavaltrie raconte la fois où, dans une miellerie, des chevaux étaient libres autour de leur roulotte. La fille de son beau-fils a passé plus d’une heure à s’occuper d’un d’entre eux. « Elle veut y retourner! On n’a pas ça sur un camping », dit celle qui a grandi dans une ferme.

Gilles Lavallée et Francine Durand ont fait plus de 70 nuitées de camping dans les fermes. Photo : Gracieuseté de Francine Durand

Gilles Lavallée et Francine Durand ont fait plus de 70 nuitées de camping dans les fermes. Photo : Gracieuseté de Francine Durand

Pour Francine Durand et son mari Gilles Lavallée, voyager par les fermes est une façon de vivre leur retraite à la bohème. Ça leur permet de « découvrir les beautés de la campagne et le travail des agriculteurs ». Le couple était d’ailleurs en escapade au moment de l’entrevue. « C’est notre 72e sortie avec Terego », lance-t-elle. « On n’a plus l’intérêt d’aller sur des campings traditionnels. Les jeux pour enfants, ça ne nous intéresse pas », dit celle qui note ses commentaires sur chaque endroit dans un livre.

Cette façon de voyager permet aussi la découverte d’endroits insoupçonnés. « Il y a des endroits que je n’aurais jamais vus sans Terego parce qu’ils ne sont sur aucun site touristique », rapporte Réjean O’Connor, qui pratique aussi le camping uniquement à la ferme. Il soutient avoir été impressionné de voir une étable robotisée lors d’un de ses séjours. Il en a visité une trentaine l’an dernier et souhaite en faire plus cette saison.

Produits achetés sur place

Tous les caravaniers affirment faire l’achat de leur nourriture sur place. « Il n’y a pas une fois où je n’ai pas acheté un produit. Ça fait partie de l’expérience », soutient Stéphane Parent. « Je pars toujours le frigo vide. Je mange leurs produits. C’est rare que je vais à l’épicerie l’été », affirme Réjean O’Connor. En septembre, il refait même une tournée pour ses provisions d’hiver. Huguette Roch, elle, en profite même pour acheter des cadeaux à son entourage.

Un service qui gagne en popularité

Terego a amorcé sa cinquième saison le 1er mai avec plus de 3 000 membres et 250 sites hôtes. Il s’agit d’une évolution considérable, puisqu’à la première année d’activité en 2017, l’organisation comptait 300 membres et 75 sites. La pandémie a bien sûr influencé la popularité du service, qui a terminé la saison dernière avec 2 000 membres. « On a vu l’an passé l’intérêt pour l’agrotourisme. Ça fait partie de la tendance des dernières années, mais ça s’est accéléré », affirme Karine Morin, vice-présidente de Terego. Déjà en mai, plus de 1 300 réservations avaient été effectuées. L’an passé, il y en a eu 7 528 au cours de la saison.

Les plages horaires pour effectuer la réservation d’un site sont ouvertes uniquement pour une période de 30 jours. Les visiteurs peuvent demeurer à un même endroit uniquement pour une nuit et un maximum de cinq véhicules récréatifs peuvent s’y installer à la fois. L’hôte a aussi la possibilité de fermer l’accès à son site quand bon lui semble dans le calendrier.