Vétérinaires 27 juin 2025

Québec doit plus de 3 M$ à des vétérinaires

Les 340 vétérinaires de la province ayant fourni des services admissibles aux subventions du nouveau Programme intégré de santé animale du Québec (PISAQ) depuis le 1er avril n’ont pas été payés en totalité par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). À ce jour, le montant s’élève à plus de 3 M$. 

« Le programme est officiel, les budgets sont fixés, les codes sont applicables. On a les producteurs qui sont admissibles et les vétérinaires sont inscrits pour donner les services. Mais présentement, on n’a pas eu encore l’autorisation du ministère pour pouvoir envoyer ces factures-là, pour qu’on soit payés. Et ça, c’est depuis le 1er avril », a mentionné le président de l’Association des médecins vétérinaires praticiens du Québec (AMVPQ), Jean-Yves Perreault, le 23 juin.

Doté d’une enveloppe de 17 M$, le programme, qui est entré en vigueur le 1er avril, vise à assurer un accès équitable aux services vétérinaires en région en finançant le déplacement à taux universel des vétérinaires et l’accompagnement des éleveurs dans l’adoption de bonnes pratiques ciblées, comme l’usage judicieux des médicaments, la biosécurité, le bien-être animal, etc. 

Étant donné que la visite vétérinaire est subventionnée de 50 à 90 %, une partie de la consultation est facturée au producteur par le vétérinaire. L’autre partie est envoyée au MAPAQ par l’entremise d’un logiciel de facturation commun. Or, intégrer les nouvelles spécifications inhérentes au PISAQ dans ce logiciel utilisé pour l’ancienne mouture du programme, telles que les nouvelles grilles de kilométrage, la nouvelle manière de gérer les municipalités et les codes, s’est avéré laborieux du côté du ministère. 

Jean-Yves Perreault
Jean-Yves Perreault

Les vétérinaires avaient été prévenus que le gouvernement ne serait pas en mesure de traiter et de payer les factures dès le 1er avril, en raison d’une mise à niveau du logiciel de facturation, mais que ce serait le cas à partir du 1er juin. « J’avais fait une tournée de toutes les cliniques vétérinaires, puis de toutes les régions en mars passé et on trouvait, à l’AMVPQ, que le plan de match du ministère était peut-être un peu optimiste, de penser que ça pourrait débuter le 1er avril et que le 1er juin, tous les changements informatiques seraient faits, parce que le chantier était quand même important du côté du ministère. Il y avait une difficulté de pouvoir faire l’arrimage entre les différents logiciels informatiques, de faire des tests en temps réel, et clairement, c’est un défi plus grand qu’ils avaient estimé, je pense. Alors on avait prévu en avril-mai, mais là, on est [presque rendus en juillet] », a dit Jean-Yves Perreault. 

Premiers versements

À la veille d’une rencontre prévue entre le MAPAQ, l’AMVPQ et l’Union des producteurs agricoles, le cabinet du ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, a indiqué à La Terre qu’en date du 25 juin, le ministère avait autorisé et payé 733 000 $ aux vétérinaires dans le cadre du PISAQ, dont 709 000 $ ont été versés et 24 000 $ devaient l’être au cours des prochains jours. Le cabinet précise qu’un délai d’une dizaine de jours était nécessaire pour le versement des montants auprès des institutions financières des vétérinaires et que les versements autorisés jusqu’à présent s’échelonnent du 6 juin au 10 juillet. 

Informé par La Terre, M. Perreault s’est demandé sur quoi se basait le ministère pour effectuer les paiements. « Les factures de mai ne sont pas encore envoyées au MAPAQ, car les vétérinaires n’ont pas encore l’autorisation de le faire », a-t-il indiqué en souhaitant obtenir des réponses lors de la rencontre prévue le 26 juin. 

Jean-Yves Perreault reconnaît que le nouveau PISAQ répond davantage aux enjeux actuels de la croissance des fermes et des besoins en santé publique de lutte à l’antibiorésistance que le programme Amélioration de la santé animale au Québec, son prédécesseur, qui avait peu évolué depuis les 50 dernières années. « Le [PISAQ], je pense que oui, il y a un défi de le mettre en place, mais il va être beaucoup plus actuel pour les besoins présents et pour la décennie à venir. J’en suis convaincu », a-t-il affirmé.