Le maillage entre les différents acteurs de la filière des protéines végétales reste un défi, selon le CTAQ. Photo : Gracieuseté de SoyXpert
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S'abonner maintenantDepuis 2021, le Conseil québécois de la transformation alimentaire (CTAQ) travaille avec l’organisme Concertation Grains Québec pour rapprocher les différents acteurs du secteur des protéines végétales. L’objectif est d’améliorer la communication, d’avoir un portrait plus clair de l’offre et de la demande, puis, potentiellement, d’anticiper les besoins pour mieux planifier le développement de ce secteur d’activités.
« On a mis ce comité en place quand il y a eu la grosse vague Beyond Meat qui a provoqué une espèce de montée en flèche de ces produits. Il y avait, à ce moment-là, une problématique chez les détaillants : ça partait dans tous les sens et on voulait travailler sur une nomenclature propre aux protéines végétales et savoir où les placer sur les tablettes », précise Annick Van Campenhout, responsable du volet progrès en alimentation et développement durable au CTAQ.
À cette époque, l’offre pour ces produits et d’autres comme le tofu ne suffisait d’ailleurs pas à répondre à la demande des consommateurs, rappelle Dany Deshaies, cofondateur de l’entreprise sherbrookoise SoyXpert, spécialisée dans la fabrication de tofu. Il siège à ce comité sectoriel depuis le début. Depuis, il y a eu de nombreux rebondissements, dont la pandémie de COVID-19 qui a fait doubler le prix du soya biologique québécois, créant des problèmes d’approvisionnement pour les transformateurs, rappelle-t-il.
Aujourd’hui, les incertitudes qui touchent le marché d’exportation vers les États-Unis ont mis sur pause l’expansion de certaines entreprises sur ce marché, les obligeant à se concentrer sur le marché local, d’où la pertinence, selon lui, de créer une table de concertation pour mieux faire face à ces défis.
C’est aussi important de donner une voix aux entreprises du secteur auprès des grandes chaînes d’épicerie et des entités gouvernementales. Nous sommes un secteur en pleine croissance, alors la mise en place d’une structure bien organisée est cruciale pour l’avenir.
Le semencier québécois Prograin, qui commercialise entre autres des grains de soya biologique et non génétiquement modifié, croit aussi qu’une meilleure concertation des acteurs serait bénéfique. « Ce serait vraiment essentiel pour amener le secteur plus loin, mais aussi pour lutter contre les mythes et la mauvaise presse qui entourent le soya et qui freinent son développement et son intégration dans les aliments », indique Jean-Pascal Laplante, directeur des ventes et des exportations chez Prograin. Il considère qu’il y a encore plusieurs autres possibilités de développement, au-delà du tofu et des boissons. « Par exemple, des crèmes glacées et d’autres aliments incorporant du soya, comme cela se fait déjà en Asie », énumère-t-il.
Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) partage cet avis, ajoutant que d’autres avenues intéressantes et payantes pourraient être exploitées autant par les producteurs agricoles et que les transformateurs dans le secteur des protéines végétales, « telles que les haricots, la gourgane, la féverole, le pois jaune ou encore le quinoa québécois ». « Toutefois, les habitudes de consommation en Amérique du Nord mettent encore la viande au centre de l’assiette. Ce qui explique que l’exportation est encore une avenue non négligeable pour les producteurs de soya ou de haricot au Québec », prévient Yohan Dallaire Boily, relationniste au MAPAQ.