Territoire 29 janvier 2025

Une grande coalition citoyenne réclame un débat public sur les éoliennes

Une coalition composée de près d’une trentaine de regroupements de citoyens à travers la province, appuyés d’organisations syndicales, politiques et agricoles, réclame un moratoire et un débat public sur le développement éolien au Québec, qui prend de l’ampleur et qui génère des craintes.

« Nous nous opposons aujourd’hui, parce que le processus est antidémocratique. Nous dénonçons la manière, nous dénonçons les motifs. Avant d’envahir toutes nos belles campagnes au Québec avec des éoliennes industrielles de 200 mètres de haut, il est nécessaire que les Québécois en débattent », a fait valoir Janie Vachon-Robillard, coordonnatrice régionale du Regroupement vigilance énergie Québec pour le Centre-du-Québec et l’Estrie, en conférence de presse, à Montréal, le 29 janvier. C’est son organisation qui a assuré la coordination de ce mouvement citoyen à l’échelle de la province.

« On s’est rendu compte qu’on vit tous la même chose, a-t-elle ajouté. On a demandé d’être impliqués dans les prises de décision et dans les passages d’information. Puis, on a découvert les ententes de confidentialité. On a découvert les cachettes. On n’a pas été acceptés dans les discussions que les maires avaient dans les conseils de maires. Donc, on est rendus à l’étape de s’opposer et de réagir. »

En conférence de presse, la porte-parole était notamment entourée de Patrick Gloutney, président du Syndicat canadien de la fonction publique, de Martine Ouellet, chef du parti politique Climat Québec, et de Jean-François Blain, analyste en réglementation du secteur de l’énergie, qui soutiennent le mouvement.

La Fédération de l’Union des producteurs agricoles de la Chaudière-Appalaches fait aussi partie des appuyeurs. « Il est impératif que toute la population prenne conscience de ce qui se passe réellement sur le terrain. Les promoteurs qui abordent nos productrices et nos producteurs en privé le font de manière insidieuse, sans jamais aborder les nuisances, en minimisant les impacts sur l’agriculture », a d’ailleurs réagi le président de l’organisation, James Allen.

Plus concrètement, la coalition exige un moratoire sur le développement éolien, la tenue d’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) générique, un vaste débat public sur le développement énergétique, la tenue de référendums municipaux et l’assurance que l’énergie éolienne restera une propriété publique. « On souhaite, par cette mobilisation, trouver de plus en plus d’appui et avoir des réponses à nos demandes le plus rapidement possible », a affirmé Mme Vachon-Robillard.