Le président de l’UPA, Martin Caron, reconnaît que la nouvelle entente « ne blinde pas les zones agricoles face au développement éolien », mais il souligne qu’elle permet d’engager une réflexion sur la valeur des terres « qui n’était pas là avant ». Photo : Martin Ménard/Archives TCN
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S'abonner maintenantHydro-Québec et l’Union des producteurs agricoles (UPA) ont trouvé un terrain d’entente pour minimiser les effets du développement éolien dans les zones agricoles dynamiques.
Dans le cadre d’un nouvel appel d’offres lancé le 10 avril pour développer davantage de projets éoliens privés d’ici 2038, la société d’État a tenu compte de certaines demandes formulées, il y a quelques semaines, par l’UPA et d’autres regroupements pour mieux protéger le territoire agricole et augmenter l’acceptabilité sociale des projets. D’ailleurs, elle a conclu une entente de principe avec l’UPA la veille du lancement de son appel d’offres, afin d’établir les grandes lignes du nouvel encadrement du développement éolien en milieu agricole.
La principale mesure qui aidera à atteindre cet objectif est un critère de pointage dans le système d’évaluation des soumissions, qui tiendra dorénavant compte de la qualité des terres agricoles ou des érablières où l’implantation est prévue. « Plus le projet éolien se trouve dans une zone où la qualité des terres est élevée, plus ça pénalise son pointage », précise le président de l’UPA, Martin Caron, qui se réjouit de cette avancée.
Il estime l’entente satisfaisante dans le contexte où « il n’y avait aucune balise avant » et « qu’il était urgent qu’il y ait un accord pour protéger les meilleurs sols au Québec avant qu’Hydro-Québec lance son appel d’offres », indique-t-il.
Ce resserrement des conditions de sélection ajoute « une couche de protection » en amont, spécifie le président de l’UPA, qui rappelle que c’est ensuite à la Commission de protection du territoire agricole du Québec de donner ou non son aval aux projets sélectionnés.
C’était urgent qu’il y ait une entente, car on savait qu’Hydro-Québec s’apprêtait à lancer son appel d’offres et qu’il n’y avait encore rien pour protéger les meilleurs sols au Québec.
Un cadre de référence révisé
L’entente de principe a également guidé la mise à jour du Cadre de référence relatif à l’aménagement de parcs éoliens en milieux agricoles et forestiers, dans lequel Hydro-Québec établit les façons de faire pour l’implantation des parcs éoliens.
Parmi les nouveautés, M. Caron mentionne entre autres un plafonnement de l’assurabilité, afin d’éviter que les producteurs agricoles qui accueillent des projets éoliens voient leur prime d’assurance augmenter, et l’ajout d’un protocole de déconstruction à la fin de la durée d’exploitation des éoliennes pour permettre la remise en culture des terres.
Par ailleurs, la société d’État contribuera davantage au fonds récemment créé avec l’UPA pour soutenir la relève agricole. Le montant versé dépendra de l’ampleur des projets éoliens qui seront développés en zone agricole.
Le nouvel appel d’offres d’Hydro-Québec prévoit l’ajout de 5 à 10 térawattheures au réseau pour répondre à la croissance soutenue de la demande en électricité. Il se déroulera « en trois rondes, afin d’offrir davantage de marge de manœuvre aux promoteurs et aux milieux locaux pour consulter la population et proposer des projets développés en fonction des réalités locales », spécifie Hydro-Québec dans un communiqué.