Martin Garon a entrepris la conversion de terres en friche en terres agricoles. Photos : Gracieuseté de Martin Garon
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S'abonner maintenantUn producteur du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Martin Garon, a acheté une terre de 180 hectares, dont la moitié est en friche. Il veut remettre ces hectares en culture, mais surprise! Il pourrait obtenir une subvention s’il plante des arbres, alors qu’il n’aurait pas un sou s’il choisit plutôt de cultiver la terre.
« Historiquement, ces terres-là étaient cultivées par des familles. La qualité de la terre est excellente; un très beau loam sableux pratiquement exempt de roches. On voit encore les planches sur Google Map. Si je veux broyer la friche pour reboiser, je suis payé 1 494 $ l’hectare pour le broyage et je suis payé 0,50 $ l’arbre que je plante. Ça fait beaucoup d’argent! Tandis que si je veux y faire de l’agriculture, cet argent-là n’est pas disponible, ni pour le broyage ni pour semer de l’avoine, du blé ou autre. J’appelle ça une vraie ambiguïté. Pourquoi une telle différence? » questionne celui qui est également agronome. Sans rien vouloir enlever aux producteurs de bois, il estime que ce genre de subventions encourage les gens à planter des arbres sur de rares terres cultivables.
Après avoir acquis un broyeur forestier et loué le tracteur d’un voisin, il a remis une quinzaine d’hectares en culture jusqu’à maintenant sur sa terre située à Alma.
La Fédération des producteurs forestiers du Québec confirme que des montants allant jusqu’à 1 590 $ l’hectare sont offerts pour la préparation de terrains servant à y aménager une plantation d’arbres. Le Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées offre également entre 0,42 $ et 0,75 $ pour chaque arbre planté, selon l’essence et le calibre.
Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) doit toutefois autoriser la demande de reboisement pour donner accès à ce programme. Le critère devant guider la décision du MAPAQ, d’autoriser ou non le reboisement, est le potentiel agricole des sols. Toutefois, même en cas de refus du MAPAQ, un exploitant peut reboiser sa terre agricole à ses frais, sans tenir compte de l’avis du ministère, indique le relationniste Yohan Dallaire Boily. Il ajoute que pour les cinq dernières années, 389 demandes de reboisement ont été traitées par le MAPAQ au Saguenay–Lac-Saint-Jean, dont 91,5 % ont été autorisées.
Des initiatives régionales
Dans Chaudière-Appalaches, les MRC et le gouvernement du Québec se sont alliés pour offrir aux agriculteurs une aide financière maximale de 2 500 $ l’hectare (ha) pour remettre en culture des terres en friche. Une enveloppe de 85 000 $ est disponible pour 2025-2026. En 2023, neuf entreprises de la région ont bénéficié de cette aide financière pour remettre en production une quarantaine d’hectares.
Au Bas-Saint-Laurent, la MRC de Témiscouata et ses partenaires ont offert, en 2025, une enveloppe de 100 000 $ visant à financer des projets de remise en culture de terres agricoles dévalorisées. La contribution est limitée à 12 500 $ par demandeur. Elle couvre 50 % du coût du projet jusqu’à un maximum de 2 500 $ l’hectare. Entre 2022 et 2025, ce sont près de 389 ha qui auront ainsi été remis en culture dans le cadre des 37 projets acceptés par la MRC.