Selon la Fédération québécoise des municipalités, le problème de dépôts illégaux de terres contaminées en zone agricole est présent dans plusieurs municipalités rurales à travers la province. Photo : Shutterstock
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S'abonner maintenantUn regroupement de municipalités de la Montérégie-Ouest déplore la lenteur d’intervention du gouvernement pour contrer les dépôts illégaux de terre contaminée en zone agricole, qu’ils considèrent être devenus un véritable fléau dans leur secteur.
Dans les derniers mois, les élus des villes de Mercier, de Sainte-Clotilde, de Saint-Urbain-Premier et de Sainte-Martine ont uni leurs voix pour réclamer du gouvernement, « dans les plus brefs délais », un plan d’action provincial pour encadrer de manière plus efficace le transport et le dépôt des matériaux contaminés.

« Notre territoire alimente de nombreuses sablières en zone agricole qui sont en fin d’exploitation et qui font de l’importation de sol contaminé. Vu que c’est sur un esker directement connecté avec la nappe d’eau souterraine, c’est très problématique. Une partie de nos citoyens et plusieurs producteurs maraîchers s’approvisionnent là », s’alarme Lise Michaud, mairesse de la Ville de Mercier.
Cette municipalité est d’ailleurs bien placée pour comprendre l’importance de la préservation des eaux souterraines, puisqu’elle vit encore avec les conséquences de l’une des pires catastrophes environnementales de l’histoire du Québec. À la fin des années 1960, des dizaines de millions de litres de produits toxiques ont été déversés dans une ancienne carrière de gravier. La contamination a atteint la nappe phréatique, rendant l’eau impropre à la consommation encore aujourd’hui.
L’odieux de la situation est que les dépôts illégaux de terres contaminées que la Ville de Mercier dit observer actuellement se font dans l’un des seuls endroits qui n’est pas encore contaminé du territoire. « Nous, on a fait tout ce qu’on pouvait. On a installé des caméras à l’entrée des sablières, on fait de la surveillance par drone, mais une fois qu’on a les preuves et qu’on avertit le ministère de l’Environnement et la Commission de protection du territoire agricole pour qu’ils interviennent, il ne se passe plus rien. Ils n’ont pas assez d’effectifs pour faire un suivi serré. Et pendant ce temps, les promoteurs des sablières font ce qu’ils veulent », lance-t-elle, excédée.
Il faut qu’il se passe quelque chose, et il faut que ce soit maintenant. Ça ne peut pas être dans un mois. C’est là que les camions rentrent.
Bien que cette situation dure depuis plusieurs années, rappelle la mairesse, c’est un article du Journal de Montréal, le 26 mai, qui a déclenché le mouvement amorcé avec les municipalités voisines pour réclamer un plan d’action gouvernemental.
L’article en question rapportait que quelque 284 sites de dépôts sauvages avaient été identifiés, seulement en Montérégie-Ouest, par une équipe de chercheurs de l’Université McGill. La mairesse d’Ormstown et la directrice générale de Franklin, deux villes de ce secteur de la Montérégie, y témoignent de leur désemparent face à la situation.
Un problème étendu à plusieurs autres municipalités
La Fédération québécoise des municipalités (FQM) estime que ce problème de dépôts illégaux de terres contaminées en zone agricole est aussi présent dans plusieurs autres municipalités rurales à travers la province. « Nous n’avons qu’à penser à Oka, mais on m’a avisée que la couronne nord et la couronne sud de Montréal étaient plus affectées que d’autres régions du Québec », rapporte Marie-Ève Dion, conseillère en relations de presse pour la FQM.
Elle mentionne que le ministère de l’Environnement a mis en place un comité consultatif technique, où la FQM siège, pour améliorer le système gouvernemental Traces Québec, servant à suivre le transport des sols contaminés.