La Terre express 26 mai 2025

Six points forts du travail en bandes 

À la Ferme ProTerre, de Sainte-Élisabeth, dans Lanaudière, la technique du travail en bandes se réinvente grâce à une nouvelle machine acquise au coût d’environ 275 000 $. Aux dires du producteur Denis Ouellet, cette technique possède les avantages d’améliorer la structure du sol, de diminuer l’érosion et de limiter les coûts de production. Il décrit en six points forts cette technique qui gagnerait, selon lui, à être adoptée plus largement, en grandes cultures autant biologiques que conventionnelles.  


Directement sur le rang

La nouvelle machine de travail du sol en bandes se démarque de l’équipement testé jusqu’ici à la Ferme ProTerre par le fait qu’elle est conçue pour travailler directement sur le rang en enlevant les souches de l’ancienne récolte de maïs, ce qui permet d’y implanter les nouvelles cultures et, ainsi, de profiter des trous laissés par les anciennes racines de maïs et par les microorganismes.

Fissurer

À l’automne, Denis Ouellet ajoute des « pattes » à sa machine afin de fissurer le sol à une profondeur de 13 à 33 centimètres. Il évalue préalablement la profondeur de compaction avant d’ajuster son équipement. Sans soulever le sol, ce travail évite d’en défaire la structure. Le fait de se concentrer en bandes permet de travailler seulement le tiers du champ et ainsi limiter les dommages au sol et à ses microorganismes, tout en se révélant moins énergivore qu’un travail pleine largeur avec une charrue ou un chisel, compare-t-il. L’entre-rang n’étant pas travaillé, il augmente la portance du tracteur.   

Fertiliser au bon endroit

La fracturation en bandes permet aux producteurs de positionner les fertilisants sous les futures racines. « En bio, nous essaierons de mettre des granules de fumier dans la zone fracturée, mais aux États-Unis, plusieurs recherches montrent déjà que les producteurs sous régie conventionnelle peuvent retirer de 10 à 20 % de leurs volumes de fertilisants lorsqu’ils sont mis dans la bande, pour les mêmes rendements », rapporte M. Ouellet. 

Tasser les résidus

Au printemps, le même appareil par bandes est utilisé pour chasser les résidus sur une largeur de 25 cm. En enlevant les résidus, le producteur obtient un meilleur contact entre les semences et la terre conduisant à une germination plus uniforme. 

Minimiser la compaction

L’équipement possède son propre capteur GPS, qui dirige la trajectoire du tracteur au centimètre près, afin que le sol soit travaillé au printemps exactement sur la même bande que l’année précédente. Le fait de circuler au même endroit année après année diminue la compaction globale du champ causée par le poids du tracteur. 

Uniformiser le lit des semences

Cette machine équipée de disques dentelés et de doigts rotatifs prépare le lit de semence sur une profondeur de six centimètres environ. Un tel ameublissement améliore la régularité du positionnement de la semence, atteste Denis Ouellet.