La Commission de la santé mentale du Canada indique que l’agriculture et l’élevage sont considérés comme deux des secteurs les plus stressants du pays. Photo : StockMediaSeller/Shutterstock
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S'abonner maintenantLes organismes qui viennent en aide aux agriculteurs canadiens en matière de santé mentale disent avoir constaté une augmentation du nombre d’appels reçus par les lignes d’écoute depuis le début de l’année.
Cynthia Beck, du réseau SaskAgMatters Mental Health Network, mentionne que le niveau d’anxiété chez les producteurs est élevé.
Elle explique que leurs moyens de subsistance dépendent en grande partie de facteurs qu’ils ne peuvent pas contrôler, notamment la météo, les marchés, les différends commerciaux et les décisions politiques du gouvernement.
Lorsqu’on a l’impression de ne pas avoir de contrôle sur ce qui se passe dans son entreprise ou dans sa vie personnelle, cela entraîne une détérioration des fonctions cognitives.
Merle Massie, de la Fondation Do More Agriculture, indique que le nombre d’agriculteurs appelant à l’aide est plus élevé que prévu, mais elle ajoute que ce n’est peut-être pas une mauvaise nouvelle en soi.
Cette augmentation pourrait s’expliquer par le fait que davantage de personnes se sentent à l’aise pour parler de leur santé mentale, espère-t-elle. Un tel changement d’attitude s’est opéré, mentionne Mme Massie. Il est désormais acceptable de demander de l’aide plutôt que de serrer les dents.
« [Les agriculteurs] m’ont dit qu’ils n’avaient pas parlé de ça pendant de trop nombreuses années et que le fait de ne pas en parler n’a certainement pas résolu le problème », raconte Mme Massie.
La Commission de la santé mentale du Canada indique que l’agriculture et l’élevage sont considérés comme deux des secteurs les plus stressants du pays.
Un rapport de l’organisme indique que des facteurs tels que l’incertitude financière, les obstacles à l’accès aux services de santé mentale et l’isolement les exposent à un risque accru de suicide.
Morgan Lehmann, une éleveuse vivant près de Saskatoon, raconte avoir perdu son frère, Josh, qui s’est suicidé il y a près de trois ans.
Elle explique que la famille avait envisagé de lui trouver de l’aide, mais qu’il hésitait à en demander, car il ne voulait pas être perçu comme étant faible.
« C’était un cow-boy dans l’âme », décrit Morgan Lehmann à propos de son frère.
Mme Lehmann estime qu’il est important que les agriculteurs parlent de leur santé mentale afin qu’ils sachent qu’ils peuvent demander de l’aide.
Avec les amis de Josh, elle organise chaque année un événement de collecte de fonds, dont les bénéfices sont versés au SaskAgMatters Mental Health Network. Elle explique que certains portent des plumes jaunes sur leur chapeau pour signifier qu’ils sont des personnes de confiance à qui l’on peut parler de santé mentale.
Une ligne d’écoute nationale dédiée aux agriculteurs a été lancée il y a un an par le Centre canadien pour le bien-être agricole.
Briana Hagen, PDG du Centre canadien pour le bien-être agricole, dit que davantage d’hommes devaient s’ouvrir et parler de santé mentale, car sinon, ce sont les femmes qui finissent par porter un fardeau plus lourd.
Mme Hagen est co-auteure d’une étude récente de l’Université de Guelph qui a révélé que les agricultrices sont plus exposées aux troubles de santé mentale.
L’étude, qui a interrogé 74 agriculteurs en Ontario, indique que les femmes ont déclaré avoir des charges de travail plus lourdes, car elles doivent concilier le travail à la ferme avec un autre emploi ou s’occuper de leur famille.
Elle a également révélé que c’était aux femmes qu’il incombait de trouver des soutiens en matière de santé mentale pour leur famille ou leur partenaire.
« Nous avons besoin que les hommes soient capables de parler de leurs sentiments, mais nous avons également besoin qu’ils prennent conscience qu’ils doivent participer activement à en savoir plus sur la santé mentale », dit Mme Hagen.
D’autres ressources sont également disponibles auprès d’agences et d’organisations provinciales.
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