Depuis que Virginie Bochatay et son conjoint, Antoine Chariatte, ont commencé à rembourser leur prêt de quota de 10 kg de MG/jour, obtenu en 2020, ils sont pénalisés dans leur croissance. Photo : Gracieuseté de Virginie Bochatay
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S'abonner maintenantDe jeunes agriculteurs réclament des solutions au manque de quota disponible, qui les pénalise lorsqu’ils doivent remettre du quota emprunté en vertu du Programme d’aide à la relève en production laitière. Incapables d’acheter l’équivalent de ce qu’ils remboursent, ils se retrouvent bloqués dans leur croissance.
« Même que je perds du quota », témoigne Virginie Bochatay, productrice laitière de Saint-Théodore-d’Acton, en Montérégie. « Je fais trop de lait, je ne peux vraiment pas en perdre. »
Cela fait quelques mois que l’agricultrice, qui prend la relève de la ferme familiale avec son conjoint, Antoine Chariatte, a commencé à rembourser son prêt de quota de 10 kg de matière grasse par jour (MG/jour), obtenu en 2020. Pendant les cinq prochaines années, elle devra remettre 0,2 kilo par mois, dix mois par année, car les prêts accordés, en vertu du programme d’aide des Producteurs de lait du Québec (PLQ) pour la reprise d’une ferme, doivent être remboursés progressivement à partir de la sixième année suivant la date de son octroi.

En parallèle, comme elle a un projet d’agrandissement à rentabiliser, elle achète du quota, chaque mois, par l’entremise du système centralisé de vente de quota (SCVQ), mais l’agricultrice remarque que les quantités qu’elle réussit à obtenir sont moindres que ce qu’elle rembourse aux PLQ. Résultat : elle se retrouve bloquée dans sa croissance – même qu’elle perd du quota – à un moment où ses vaches, dorénavant logées dans un environnement plus confortable, produisent plus de lait qu’avant.
« Le mois dernier, j’ai eu 0,17 kilo; l’autre d’avant, j’ai eu 0,09 kilo, alors que j’en rembourse 0,2. Il y a vraiment une rareté de quota, en ce moment, qui touche tout le monde, mais comme je suis une relève qui rembourse un prêt, c’est pire », fait valoir l’agricultrice, pour qui il n’est pas envisageable que le remboursement de son prêt l’empêche de croître pendant cinq ans.
Priorité d’achat sur le SCVQ réclamée
En 2024, la Fédération de la relève agricole du Québec a demandé aux PLQ, par voie de résolution, qu’une priorité d’achat sur le SCVQ soit accordée aux producteurs qui remboursent un prêt de quota, en guise d’assurance qu’ils pourront acquérir au moins l’équivalent de ce qu’ils remettent. Car cet enjeu, qui pénalise beaucoup de relèves en production laitière, refait surface chaque fois qu’il y a une rareté de quota sur le SCVQ. Une relève de Compton, en Estrie, Antoine Lanctot, fait partie de ceux qui réclament cette priorité d’achat depuis deux ans, par l’entremise de résolutions proposées à son syndicat local des PLQ, mais ses démarches sont restées vaines jusqu’ici.
Dans les années passées, il y a eu des moments où il y avait beaucoup plus de quotas disponibles. On pouvait aller chercher entre 0,5 et 0,8 kilo chaque mois, mais là, on est dans une période où il n’y a pas de quota disponible, donc le remboursement fait mal.
Des solutions analysées
Une productrice de Saint-Valérien-de-Milton, en Montérégie, Marie-Pier Vincent, a sollicité le président des PLQ, Daniel Gobeil, sur cet enjeu, lors de l’assemblée générale annuelle, à Saint-Hyacinthe. Ce dernier a assuré que des solutions étaient analysées par son organisation et qu’un suivi serait fait à l’automne.
« Ç’a été amené dans quatre régions [par voie de résolution], donc clairement, c’est une priorité », a-t-il admis. Sans promettre qu’une priorité d’achat sera accordée, il a indiqué que cette proposition faisait partie des solutions examinées par les PLQ.
D’autres options, telles que l’allongement du remboursement sur une année additionnelle, sont aussi sur la table. Par ailleurs, il a rappelé que les achats sur le SCVQ se feront tous par itération – soit à parts égales entre les acheteurs – d’ici deux ans, ce qui devrait améliorer la situation, car cela aura pour effet d’augmenter la disponibilité du quota pour les plus petits producteurs.