Prévention 20 juin 2025

L’UPA s’associe avec un nouveau joueur en assurance agricole

Après des années de recherche pour améliorer l’offre en assurance agricole, l’Union des producteurs agricoles (UPA) a choisi de faire équipe avec BFL CANADA, qui se présente comme l’une des plus importantes sociétés de gestion de risques et de courtage d’assurance en Amérique du Nord. « Notre approche ainsi que nos outils uniques, combinés à la force de l’Union des producteurs agricoles, permettront de créer des solutions novatrices et exclusives en matière de gestion des risques et d’assurance pour les agriculteurs du Québec », précise le communiqué diffusé par BFL CANADA, le 18 juin.

En entrevue avec La Terre, Daniel Coyle, courtier en assurance de dommages et directeur associé chez BFL CANADA, explique que l’entreprise a l’objectif d’aller chercher des tarifs plus intéressants pour les producteurs.

On a négocié des honoraires de courtage à la baisse pour optimiser le coût pour l’industrie agricole.

Daniel Coyle

Un autre aspect qui irritait plusieurs agriculteurs, ces dernières années, était leur incapacité à se faire assurer tout simplement. À ce sujet, Daniel Coyle soutient que l’objectif consiste à minimiser les refus, et ce, en analysant les dossiers plus complexes des fermes qui ont été refusées par d’autres assureurs. « Notre philosophie est d’appuyer ces cas problématiques et de leur trouver une solution », dit-il sans toutefois garantir que BFL CANADA pourra accepter tous les dossiers. 

M. Coyle ajoute que la compagnie mise sur un programme, dont l’évaluation est basée sur un questionnaire et des visites à la ferme, spécifiquement destiné à améliorer la capacité d’une exploitation agricole à gérer ses risques assurables. Le feu et le vol en sont les termes centraux, mais le risque de perdre son stock ou la gestion de la santé et de la sécurité des employés feront également l’objet de recommandations.

L’UPA satisfaite

« On est très, très heureux », commente Charles-Félix Ross, directeur général de l’UPA. « C’est un travail de longue haleine, qui a débuté en 2019. On a eu beaucoup de résolutions [dans les assemblées de producteurs agricoles] qui soulevaient le problème des assurances. Un grand nombre d’entreprises n’étaient pas en mesure de s’assurer et celles qui l’étaient ont dû payer des primes qui avaient augmenté de façon exorbitante », rapporte-t-il. 

Ce dernier explique qu’une démarche avec un actuaire avait alors été entreprise par l’UPA afin de tenter de résoudre le problème des assurances en milieu agricole. « L’actuaire nous avait recommandé de travailler avec un cabinet de courtiers pour développer une alternative en agriculture. On avait essayé avec une compagnie de Londres, mais nous n’avions pas suffisamment de données sur les souscriptions, sur le risque [associé à assurer les fermes]. Puis dernièrement, BFL CANADA a pris contact avec nous. On a réussi à attacher un programme. On pense qu’il y a de la place pour un nouveau produit qui va amener plus de compétition en assurance agricole », explique M. Ross.  

L’UPA s’affiche avec BFL CANADA et s’impliquera dans la promotion. En retour, l’organisation syndicale aura la possibilité d’accéder à certaines données sur les souscriptions, ce qui permettra à l’UPA d’approcher d’autres compagnies d’assurance avec ces données si jamais BFL CANADA désirait se retirer un jour de l’assurance agricole. « Mais pour que ça fonctionne et pour que BFL soit compétitive dans des prix, il faut qu’elle puisse se constituer rapidement une masse de clients [agricoles] », lance-t-il.