Donald Trump est devenu le 47e président des États-Unis, le 20 janvier. Photo : Shutterstock
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S'abonner maintenantLe 47e président des États-Unis, Donald Trump, n’a pas profité de son premier jour de son investiture, le 20 janvier, pour signer de décret présidentiel imposant des tarifs douaniers de 25 % au Canada et au Mexique. Il a toutefois mentionné durant son discours que des tarifs douaniers seront imposés aux pays étrangers.
« Je vais commencer une refonte de notre système commercial pour protéger le travailleur américain. Plutôt que de taxer nos citoyens pour enrichir d’autres pays, nous allons imposer des tarifs et des taxes sur les pays étrangers pour qu’on puisse enrichir nos propres citoyens », a-t-il déclaré dans la rotonde du Capitole à Washington. Il a annoncé, du même souffle, la création d’une agence des revenus extérieurs chargée de la perception de ces droits de douane et des taxes.
Selon le New York Times, M. Trump devrait signer un décret ordonnant aux agences fédérales d’enquêter sur les pratiques commerciales et monétaires déloyales d’autres pays, comme la Chine, le Mexique et le Canada.
Le Canada se prépare
Afin de faire face aux menaces de guerre commerciale prodiguées par Donald Trump, le Conseil sur les relations canado-américaines a été formé, le 16 janvier, pour conseiller le premier ministre Justin Trudeau et son conseil des ministres.
« On se prépare à ce qu’il y ait des tarifs, de quelle façon on doit répondre et en même temps, de voir tous les impacts qu’il peut y avoir sur différents secteurs », a mentionné le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Martin Caron, qui siège à ce conseil. Une première rencontre virtuelle d’une heure et demie, le 17 janvier, a permis d’établir les enjeux et les défis à venir.
Tout en préservant la confidentialité des discussions tenues entre le Conseil et le gouvernement, Martin Caron mentionne néanmoins qu’en ce qui concerne l’agriculture et l’agroalimentaire, personne ne sait sur quoi porteront les éventuels tarifs. Une évaluation est en cours.
En 2023, le secteur agricole canadien a exporté 60 G$ annuellement aux États-Unis. Les secteurs maraîchers, des pommes de terre et de l’horticulture canadienne exportent 50 % de leur production aux États-Unis, ce qui pourrait avoir des conséquences majeures pour ces produits périssables.
Il y a également une crainte de voir le secteur acéricole, qui exporte 60 % de sa production aux États-Unis, perdre des parts de marché au détriment d’autres agents sucrants.
En guise de riposte à l’entrée en vigueur éventuelle de tarifs douaniers, Justin Trudeau et sa ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, ont préparé une liste de produits américains qui seront également taxés à la frontière canadienne. Le jus d’orange de la Floride figurerait sur la liste.
Aux yeux de Martin Caron, l’imposition des tarifs du président Trump se veut un levier en vue de la renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique prévue en 2026.
L’UPA représente le secteur agricole canadien
Le 15 janvier, Martin Caron a reçu un appel du premier ministre lui-même l’enjoignant à ajouter son expertise à celle d’anciens premiers ministres, dont Jean Charest, et de négociateurs commerciaux. « Il reconnaît l’expertise qu’on peut avoir comme organisation à l’UPA et qu’on a toujours été aussi proches de chacune des négociations [d’accords de commerce] qu’il y avait dans le temps, et puis qu’on a une vision globale de l’agriculture et de l’agroalimentaire », a-t-il expliqué, manifestement heureux de l’honneur qui lui a été accordé.
Au moment d’écrire ces lignes, le Conseil devait se réunir le lendemain de l’assermentation du président Trump au Château Montebello, en Outaouais. Le président de l’UPA en profitera pour rencontrer également la ministre provinciale de l’Économie, Christine Fréchette.