D’ici la fin mai, le comité permanent de l’agriculture va consacrer huit journées de rencontre à l’efficacité des programmes AGRI. Photo : CPAC
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S'abonner maintenantLe comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire de la Chambre des communes mène une enquête sur l’efficacité des programmes de gestion des risques en agriculture. Après avoir recueilli les commentaires de différents intervenants de partout au pays, il formulera des recommandations d’améliorations potentielles, en prévision de la révision du Partenariat canadien pour une agriculture durable.
Cette entente quinquennale, qui arrivera à échéance en 2028, encadre notamment les programmes AGRI, dont Ottawa et les provinces se partagent le financement.

Le comité permanent de l’agriculture, formé de parlementaires conservateurs, libéraux et bloquistes, y consacre donc huit journées de rencontre qui s’échelonneront jusqu’à la fin mai. Divers intervenants du milieu, dont l’Union des producteurs agricoles (UPA), les Producteurs de grains du Canada, le Conseil québécois des plantes fourragères et l’Association canadienne des producteurs de semences, y ont déjà été entendus, de même que des fonctionnaires d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et des producteurs venus témoigner de leur expérience personnelle.
Recommandations de l’UPA
Dans son témoignage, le 23 avril, le directeur général de l’UPA, Charles-Félix Ross, a souligné l’urgence de renforcer les programmes de gestion des risques en augmentant les budgets y étant accordés, surtout dans un contexte de multiplication des événements géopolitiques et climatiques hors du contrôle des producteurs.
Par exemple, il a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité d’améliorer Agri-stabilité, qui se déclenche lorsque la marge bénéficiaire d’une ferme baisse de plus de 30 % par rapport à sa marge de référence, soit sa moyenne des cinq dernières années, et qui couvre 80 % des pertes sous ce seuil. Plaidant que les événements exceptionnels sont de plus en plus fréquents, ce qui fait baisser les marges de référence et réduit les chances de déclenchement du programme, M. Ross a demandé l’instauration d’une garantie d’intervention plancher et d’une couverture de 85 %.
Si tu as deux ou trois mauvaises années […], les producteurs n’ont plus de marge de référence, ils n’ont plus d’intervention, ils n’ont plus de filet de sécurité du revenu.
Concernant Agri-relance, qui appuie financièrement les producteurs dans la relance de leurs activités à la suite d’une catastrophe naturelle, M. Ross a souligné que les délais de mise en œuvre sont trop longs. Il a recommandé de simplifier les mécanismes et d’accélérer le versement des compensations.
Il a aussi fait valoir que les programmes fédéraux, souvent, ne répondent pas aux réalités régionales. D’ailleurs, un producteur de bovins d’Abitibi-Ouest, Éric Fontaine, est venu témoigner, le 28 avril, d’une sécheresse majeure survenue dans sa région, en 2023, qui a entraîné des pertes de fourrage exceptionnelles chez bon nombre de producteurs comme lui. Il s’est désolé que les programmes AGRI ne les aient pas aidés cette année-là, surtout que l’assurance récolte du Québec n’a pas répondu adéquatement à leurs besoins, selon lui.
« On a rencontré le ministre [Lawrence] MacAulay, mais il nous a dit qu’il ne pouvait pas faire grand-chose », a-t-il témoigné.
Le rapport du comité est attendu à l’automne.