Politique 17 juillet 2026

Les ministres de l’Agriculture du pays accouchent de l’Énoncé d’Halifax

Les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux de l’Agriculture se sont réunis pour leur traditionnelle conférence annuelle, qui avait lieu cette année à Halifax, en Nouvelle-Écosse. Il en a résulté la publication, le 17 juillet, de l’Énoncé d’Halifax, qui définit une vision commune, des principes et des priorités qui guideront l’élaboration du prochain cadre stratégique de 2028 à 2033.

Ce cadre stratégique sera névralgique pour le milieu agricole, d’une part pour l’enveloppe budgétaire qui y sera rattachée et d’autre part parce qu’il orientera bon nombre d’investissements gouvernementaux dans les programmes et le financement du secteur agricole et agroalimentaire du Canada.

Le prochain cadre stratégique, en deux phases

Rappelons que le dernier cadre stratégique, qui se nomme le Partenariat canadien pour une agriculture durable, représentait une enveloppe initiale de 3,5 G$ des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, dont les investissements s’échelonnent de 2023 à 2028. Le Partenariat canadien pour une agriculture durable comprend 1 G$ en programmes fédéraux ainsi que 2,5 G$ en programmes à coûts partagés entre le gouvernement fédéral (60 %) et les provinces et territoires (40 %), pour des programmes mis en œuvre par les provinces et les territoires.

Les consultations fédérales sur le prochain cadre stratégique se dérouleront en deux phases. La première a pris fin le 30 juin 2026 et était axée sur la vision, les priorités et les objectifs qui ont justement permis d’élaborer l’Énoncé d’Halifax. Comme points forts de l’Énoncé d’Halifax, les ministres misent sur l’importance d’une collaboration entre les gouvernements fédéral et provinciaux pour stimuler la croissance économique et la compétitivité du secteur agricole et agroalimentaire, tout en préservant les divers modèles d’affaires. Ils veulent également soutenir la diversification des marchés, l’accroissement des échanges commerciaux, la diminution des risques, ainsi que la progression de la science, de la recherche et de l’innovation. Ce consensus entourant l’Énoncé d’Halifax ouvre la voie à la deuxième phase, axée sur les attentes associées spécifiquement aux programmes du prochain cadre stratégique. Ces négociations devraient commencer à l’automne prochain.

Les provinces et les territoires mènent des consultations semblables de leur côté, afin de définir les priorités qu’ils désirent pour les prochains programmes.

Le ministre du Québec satisfait

Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Donald Martel, s’est montré satisfait des rencontres avec ses homologues canadiens. « Je me suis assuré que la réalité de notre secteur bioalimentaire soit pleinement entendue, notamment celle de nos plus petites fermes. Les changements apportés au programme Agri-stabilité devront tenir compte de leurs besoins et de leur capacité financière. J’ai également réitéré que le Québec devra recevoir sa juste part des sommes annoncées par Ottawa dans le cadre de sa Stratégie nationale de sécurité alimentaire. J’ai aussi souligné l’excellente collaboration de l’Agence canadienne d’inspection des aliments et de l’Ontario dans la mise en place du projet pilote qui permettra à des producteurs de l’Abitibi-Témiscamingue d’avoir accès à des services d’abattage en Ontario », a indiqué à La Terre le ministre. Il a tenu à signifier qu’il a rappelé à ses collègues canadiens l’importance de défendre sans compromis la gestion de l’offre dans les prochaines négociations commerciales. « Le ministre fédéral Heath MacDonald a d’ailleurs réitéré cet engagement lors de la conférence de presse de clôture », a dit M. Martel.