Les modifications s’appliqueront dès cette année à la production maraîchère, avant d’être étendues par la suite à d’autres productions. Crédit photos : Marie-France Létourneau
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S'abonner maintenantSAINT-PAUL-D’ABBOTSFORD – Avec l’ajout d’une clause « catastrophe » et la simplification du programme, la nouvelle mouture de l’assurance récolte (ASREC) permettra aux producteurs agricoles d’être mieux outillés, notamment pour faire face aux changements climatiques, estime le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne.
Les modifications de l’ASREC ont été présentées le 3 mars, lors d’une conférence de presse tenue chez le producteur maraîcher David Côté. Celui-ci est à la tête, avec son frère Mathieu, des Jardins Damaco, à Saint-Paul-d’Abbotsford, en Montérégie.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les détails de la réforme de l’ASREC, fruit d’un travail de près de deux ans, ont été dévoilés chez un producteur maraîcher. Les modifications s’appliqueront dès cette année à ce type de culture, avant d’être étendues par la suite à d’autres productions, a-t-il été annoncé.

En plus de la prise en charge financière à 100 % des primes par les gouvernements en cas de catastrophe, donc en cas d’événements météo extrêmes, la réforme prévoit une nouvelle couverture pour les pertes de légumes en entrepôt, a souligné le ministre Lamontagne.
« Ça faisait longtemps qu’on demandait la couverture pour les pertes en entrepôt », affirme la présidente de l’Association des producteurs maraîchers du Québec, Catherine Lefebvre.
Pour la clause catastrophe, il faudra voir comment ça va s’appliquer dans la réalité de tous les jours. Mais c’est un très bon début et on souhaite que ça continue.
Selon Mme Lefebvre, moins de 50 % des producteurs maraîchers adhèrent actuellement à l’assurance récolte, estimant ne pas y trouver leur compte.
Les choses pourraient toutefois changer, croit David Côté, qui cultive des fruits et des légumes, dont des fraises à l’année. Les nouvelles conditions de la clause catastrophe permettront de limiter les hausses de primes en cas de réclamations répétées à la suite de pertes engendrées par des phénomènes naturels.
« C’est un avancement », assure le producteur avant de souligner que les producteurs de fraises et de framboises travaillent justement avec La Financière agricole du Québec pour obtenir le même type de mesures à partir de 2026.
Travail pas terminé
Parmi les faits saillants de la réforme annoncée : l’accès à l’ASREC sera facilité pour les entreprises de petite taille. Cette mesure a d’ailleurs été saluée par le président de l’Union des producteurs agricoles, Martin Caron.
Il est aussi prévu de simplifier le programme pour les producteurs et de réduire les délais de paiement. Les prix unitaires de certaines productions, dont celle des canneberges, seront en outre revus afin de s’assurer qu’ils reflètent bien les coûts engendrés, souligne le président-directeur général de la Financière, Ernest Desrosiers.

Le travail de révision de l’ASREC, qui s’accompagne d’une transformation numérique, n’est pas terminé, note-t-il. Un rabais aux entreprises qui adoptent de bonnes pratiques agroenvironnementales est dans les plans, mais cela fera toutefois l’objet d’un projet pilote en 2025, précise M. Desrosiers.
Il mentionne que ce sont les pluies torrentielles de 2023 – et les pertes engendrées pour les producteurs – qui sont à l’origine d’une telle réforme. « Les pluies de 2023 auront eu comme conséquences positives de nous amener à mieux travailler ensemble, confirme Mme Lefebvre. Nous avons hâte de voir la suite. »