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Les acériculteurs n’avaient pas vu un ministre des Forêts venir à leur assemblée générale depuis fort longtemps. Pierre Dufour a profité de son passage pour parler de croissance de l’acériculture en forêt publique. Photo : Gracieuseté des PPAQ

Les acériculteurs n’avaient pas vu un ministre des Forêts venir à leur assemblée générale depuis fort longtemps. Pierre Dufour a profité de son passage pour parler de croissance de l’acériculture en forêt publique. Photo : Gracieuseté des PPAQ

Le ministre des Forêts tend la main aux acériculteurs

Des acériculteurs des quatre coins du Québec se promettaient de hausser les moyens de pression « pour brasser la cage » du ministère des Forêts du Québec concernant la gestion des érablières en forêt publique, mais le ministre est venu à leur assemblée générale semi-annuelle, tout sourire, pour leur tendre la main. « J’ai un discours intéressant pour vos oreilles », a-t-il promis, d’emblée, le 10 novembre à Lévis.

D’abord, le ministre Pierre Dufour veut augmenter la production acéricole à court terme en mettant à la disposition des producteurs 2,1 millions d’entailles en terres publiques. Ensuite, il a demandé à ses fonctionnaires de refaire leurs devoirs en analysant de nouveau tous les dossiers de producteurs qui ont voulu augmenter leur contingent en terres publiques, mais ont essuyé un refus dernièrement.

M. Dufour a également présenté un tout nouveau plan directeur de l’acériculture en territoire publique. Ce plan réunira entre autres des représentants des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), du ministère de l’Agriculture, du ministère des Forêts et du Conseil de l’industrie forestière du Québec. Le ministre précise qu’un érable exploité pour l’acériculture génère une plus grande valeur sur le marché économique qu’un érable transformé en planches. « Il faut s’assurer que les actions à court moyen terme soient bien orientées [en ce sens]. Le plan directeur, c’est majeur pour la suite des événements », a-t-il affirmé.

Les acériculteurs de différentes régions se sont plaints, ces dernières années, de ne pas être écoutés aux fameuses tables de gestion intégrée des ressources et du territoire (TLGIRT) et que les allocations des érables en terres publiques finissaient par être offertes en priorité aux usines de l’industrie forestière. Le ministre et son ministère clamaient leur désaccord. Or, le ministre des Forêts donne aujourd’hui raison aux acériculteurs. En entrevue avec La Terre, Pierre Dufour reconnaît que des TLGIRT présentent des problèmes de dynamique dans certaines régions.

Coupes forestières à l’ancienne

Lors de l’assemblée, l’acériculteur et consultant en foresterie Michaël Gagné a fait remarquer au ministre des Forêts que les pratiques forestières avaient régressé dans certains secteurs avec des coupes qui saccagent des érablières de l’État. Le ministre n’a pas contredit le producteur et a dit à La Terre que ce warning a déjà entraîné des analyses auprès des fonctionnaires. « Il faut faire en sorte qu’on ne régresse pas dans la façon de procéder. […] Comme ministre, je dois vérifier si cette problématique est généralisée ou localisée », a-t-il précisé.

Les acériculteurs, dont le président des PPAQ, Serge Beaulieu, n’ont pas crié victoire à la suite du passage du ministre, mais apprécient son ouverture sur plusieurs sujets. « Il y a une volonté de bouger; il faut la prendre », a résumé M. Beaulieu. Les PPAQ ont voté une résolution demandant d’inclure le potentiel acéricole dans la Loi sur la protection du territoire agricole.