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Le ministre des Finances, Éric Girard. Crédit: Myriam Laplante El Haïli/TCN

Le ministre des Finances, Éric Girard. Crédit: Myriam Laplante El Haïli/TCN

La CAQ tient ses promesses agricoles

QUÉBEC — La Coalition avenir Québec (CAQ) promettait beaucoup aux producteurs agricoles en campagne électorale. Chose promise, chose due : le gouvernement annonce 50 M$ par année sur cinq ans pour stimuler les investissements agricoles et déplafonner le programme de remboursement de taxes foncières. Québec s’abstient toutefois de faire du saupoudrage en accordant des montants à des groupes précis.

Du côté des investissements, Québec poursuit donc sur la lancée du gouvernement précédent en allouant 250 M$ aux agriculteurs pour les cinq prochaines années. C’est donc sur 445 M$ que les agriculteurs pourront compter pour améliorer leurs infrastructures sur sept ans. L’argent viendra des excédents de La Financière agricole du Québec (FADQ), mais la répartition des fonds sera annoncée ultérieurement par le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, précise le budget. En campagne électorale, François Legault suggérait de diviser la somme équitablement entre les études de faisabilité et les projets, pour un maximum de 100 000 $ par année par ferme. Il avait alors indiqué que tous les secteurs seraient admissibles dès la première année.

Cet exercice budgétaire ne règle pas la question des taxes foncières agricoles, mais « dans l’attente d’une solution à plus long terme à cet enjeu », Québec déplafonne le budget du Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA), limité à 5 %, pour « que la part des taxes foncières payées par les agriculteurs pour les années 2019 et 2020 n’augmente pas ». Québec prévoit entre 25 et 30 M$ pour couvrir la hausse ces deux années, a-t-on assuré au huis clos.

Pour le directeur général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Charles-Félix Ross, ce budget est « un pas dans la bonne direction », mais beaucoup de demandes essentielles restent sans réponse. « On se réjouit que le ministre ait respecté ses engagements à l’endroit du secteur agricole », dit-il.

Pas de saupoudrage

Aucune mesure n’a été annoncée pour des groupes spécifiques dans le budget. Rien pour les serres, la relève agricole ou pour compenser la hausse du salaire minimum. Le budget ne fait pas non plus écho aux demandes répétées de l’UPA pour l’adoption d’un plan vert agricole, un ensemble de mesures de soutien pour la bonne gestion environnementale des entreprises, malgré un investissement de près de 1 G$ dans la lutte aux changements climatiques. 

Le budget du ministère de l’Agriculture se situe autour de 970 M$ cette année. Cela représente une augmentation de 25 M$ par rapport au budget de l’année dernière et une réduction de 12 % comparativement à l’exercice budgétaire d’il y a 10 ans. Quant au budget de la FADQ, il demeure pratiquement inchangé, à 425 M$. À la lecture des documents remis aux journalistes, on peut toutefois constater que l’organisme réalisera un surplus de 137,6 M$ au cours du présent exercice qui se terminera le 31 mars. Son surplus cumulé atteindra alors 781 M$.

Autres mesures annoncées

Environnement

L’environnement étant « un enjeu pour le développement économique du Québec », Québec veut s’attaquer aux délais de traitement des dossiers d’autorisation environnementale. Le ministère de l’Environnement disposera donc d’un budget supplémentaire de 19 M$ sur cinq ans pour des effectifs additionnels.

Internet haute vitesse et réseau cellulaire

Québec effectuera un investissement supplémentaire de 400 M$ dans la création du nouveau programme Québec haut débit pour accélérer le déploiement d’infrastructures numériques de qualité dans les milieux mal desservis. La Fédération québécoise des municipalités aura d’ailleurs pour mandat de concevoir une cartographie précise des besoins en matière d’accès à une connexion Internet haut débit.

Forêt

Pour le secteur forestier, Québec vient bonifier trois programmes existants. D’abord, le Programme Innovation Bois recevra une somme additionnelle de 50 M$ sur cinq ans. Son enveloppe pour l’ensemble de la période passera ainsi à 95 M$. Aussi, le gouvernement prévoit un investissement de 30 M$ sur les deux prochaines années budgétaires pour le Programme de biomasse forestière résiduelle, qui vise à soutenir la filière de la valorisation de la biomasse forestière à des fins énergétiques. Finalement, le secteur de la sylviculture recevra 75 M$ pour la plantation d’arbres, somme qui sera tirée à même le Fonds vert. Le budget ne précise cependant pas si ces montants seront investis en forêt privée ou publique.

Achat local

Le budget 2019-2020 prévoit deux mesures pour favoriser l’achat local. Une première initiative vise à augmenter les achats d’aliments québécois dans les institutions publiques. Québec y allouera 10 M$ sur cinq ans. Le ministère de l’Agriculture aura d’ailleurs pour mandat de réaliser le portrait de la situation actuelle et d’établir une cible d’achat pour chaque institution au Québec. Ensuite, le ministère du Tourisme disposera d’une nouvelle enveloppe de 4 M$ pour financer, en 2020 et 2021, des événements comme les foires gourmandes et les marchés de Noël.

Autres

Québec poursuit ses investissements pour l’extension du réseau de distribution de gaz naturel, plus particulièrement dans la région de Montmagny.

L’augmentation du nombre d’étudiants au Collège Macdonald amène Québec à accorder une somme additionnelle de 3,9 M$ sur cinq ans à l’institution pour le financement de son programme de gestion d’entreprises agricoles pour la clientèle anglophone.

Les producteurs agricoles tireront également avantage de l’uniformisation graduelle de la taxe scolaire dès le 1er juillet 2019.