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Laiterie Chagnon © Archives/TCN

Laiterie Chagnon © Archives/TCN

Du lait en poudre pour les prisonniers

WATERLOO — Du lait en poudre sera désormais servi dans les prisons fédérales. Une mesure administrative qui représente des économies de l’ordre de 3,1 M$, a-t-on confirmé de la part du Service correctionnel du Canada. 

L’entreprise laitière Chagnon, implantée à Waterloo depuis 60 ans, écope de cette directive. « Je viens d’apprendre la nouvelle. On est devant le fait accompli. Le 12 janvier dernier, j’ai fait ma dernière livraison de lait au pénitencier de Drummondville », explique le président Denis Chagnon à La Terre de chez nous.

Depuis 10 ans, l’entreprise livrait 6 000 berlingots de lait par semaine destinés à la prison de Drummondville qui compte 415 détenus. La laiterie Chagnon dessert aussi la même quantité depuis 15 ans aux 666 détenus du pénitencier de Cowansville. « À cet endroit, durant la même période, on a perdu une seule fois l’appel d’offres », précise M. Chagnon.

Dorénavant, une compagnie de Winnipeg va transporter la poudre par camion en direction des établissements du Québec. Les pénitenciers doivent s’équiper d’un appareil servant à la fabrication du lait à base de poudre. « Quand les fonctionnaires font leurs calculs, tiennent-ils compte de l’impact régional? » s’interroge M. Chagnon qui perd ainsi un contrat de 275 000 $.

Réactions

Bruno Letendre, président des Producteurs du lait du Québec, a qualifié « d’aberrante » cette décision du gouvernement fédéral. « Pour une mesure administrative, a-t-on pensé aux conséquences et aux dommages collatéraux? C’est majeur la perte de ce contrat-là pour une entreprise familiale qui existe depuis 60 ans. »

Le député fédéral néo-démocrate de Shefford, Réjean Genest, trouve cette décision bizarre. « On va faire des milliers de kilomètres pour servir un produit bas de gamme aux prisonniers. Du lait en poudre, je n’en mets même pas dans mon café. Je trouve que ça manque de décence pour eux. »

Améliorer l’efficacité des services et réduire le déficit

Le Service correctionnel du Canada (SCC) a refusé notre demande d’entrevue. Toutefois, on nous a fait parvenir par courriel une note explicative. « Le 1er novembre 2012, le SCC s’est engagé à moderniser son modèle de prestations des services d’alimentation aux détenus. Cette initiative s’inscrit dans les efforts consacrés au gouvernement afin d’améliorer l’efficacité des services et de réduire le déficit », précise Julie O’Brien, conseillère en relations avec les médias au SCC.