Politique 12 septembre 2025

Donald Martel sera confronté aux attentes du milieu agricole

Le secteur agricole a accueilli favorablement la nomination de Donald Martel comme ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, le 10 septembre. Bien que ce dernier n’aura qu’une année pour faire ses preuves avant les prochaines élections provinciales, il devra conjuguer avec les attentes d’un milieu qui réclame un meilleur soutien de Québec. 

L’Union des producteurs agricoles (UPA) estime que le principal défi du nouveau ministre sera d’arrimer le soutien financier actuellement disponible aux besoins du secteur agricole. « Le gouvernement du Québec a fait preuve de leadership en matière de sécurité et d’autonomie alimentaire, ces dernières années. Le nouveau ministre doit s’inspirer de cet élan mobilisateur, à la lumière, notamment, des tensions commerciales persistantes avec la Chine et les États-Unis, et donner suite aux attentes du secteur », a affirmé le président de l’UPA, Martin Caron, tout en offrant au nouveau ministre la pleine et entière collaboration de son organisation. 

Avant d’être élu député dans la circonscription de Nicolet-Bécancour en 2012, Donald Martel a occupé les fonctions de directeur général et de secrétaire-trésorier de la municipalité régionale de comté (MRC) de Nicolet-Yamaska pendant 18 ans. Une fois élu, il a été porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’agriculture, de pêcheries et d’alimentation de 2012 à 2014, puis durant 9 mois en 2017. Ce rôle l’a mené à siéger à la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles. Il a également été membre de la Commission de l’aménagement du territoire de 2015 à 2017. 

La Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec se réjouit que le nouveau ministre soit déjà familier avec les enjeux agricoles régionaux. Elle invite notamment le nouveau ministre à agir pour faciliter l’accès au nettoyage des cours d’eau et à renforcer l’aide aux producteurs en cas d’événements climatiques extrêmes. 

Les Producteurs de grains du Québec, qui voient aussi cette nomination d’un bon œil, espèrent voir bonifier certains programmes, notamment en matière d’agroenvironnement et de sécurité de revenus, afin « d’instaurer une véritable politique de rétribution des pratiques agroenvironnementales ».  


Les Forêts et l’Environnement également touchés par le remaniement

Parmi les 30 ministres nommés le 10 septembre, Jean-François Simard s’est vu attribuer le ministère des Ressources naturelles et des Forêts, alors que Bernard Drainville a hérité du portefeuille de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Le premier ministre, François Legault, a également dévoilé son plan d’action de la prochaine année. 

Le ministre Simard, député de Montmorency, aura à mener à bien la réforme du régime forestier entamée par sa prédécesseure, Maïté Blanchette Vézina. La Fédération des producteurs forestiers du Québec accueille favorablement cette nomination. « Nous espérons qu’il saura reconnaître l’importance stratégique de la forêt privée dans l’économie forestière québécoise », a déclaré le président de l’organisation, Gaétan Boudreault. 

Coupes dans la bureaucratie

Le remaniement ministériel du 10 septembre a donné l’occasion au premier ministre, François Legault, de dévoiler le plan qui guidera les actions du gouvernement dans la prochaine année. Bien qu’aucune mention directe à l’agriculture n’ait été faite, le premier ministre a mentionné qu’il faudra couper profondément dans la bureaucratie et que chaque ministère, et particulièrement celui de l’Environnement, sera appelé à « faire le ménage ».

On est tous d’accord pour protéger l’environnement, mais on ne peut plus bloquer le développement avec des délais qui n’ont pas de bon sens, qui sont interminables. Donc, le nouveau ministre de l’Environnement va avoir la grande responsabilité de faire le grand ménage dans les règles, dans les délais d’autorisation au ministère de l’Environnement, et il va aussi avoir la responsabilité de revoir en détail le Plan pour une économie verte, d’abord dans le nouveau contexte nord-américain qu’on connaît, et en fonction des priorités concrètes des Québécois.

François Legault

La réduction de l’immigration temporaire fera également partie de ses priorités. Il a toutefois précisé que cela ne viserait pas les régions, seulement les villes de Montréal et de Laval.