Politique 19 septembre 2025

Des attentes mitigées pour le budget fédéral

Bien que les porte-parole en matière d’agriculture des partis d’opposition, à Ottawa, estiment que le premier budget qui sera déposé par le gouvernement Carney, le 4 novembre, répondra peu aux demandes du milieu agricole, la Secrétaire parlementaire du ministre de l’Agriculture, Sophie Chatel, soutient qu’il reflétera la grande importance que son gouvernement accorde au secteur. 

La Secrétaire parlementaire du ministre de l’Agriculture, Sophie Chatel, soutient que le budget du 4 novembre reflètera l’importance que son gouvernement accorde au milieu agricole.
Jacques Gourde

Le député conservateur de Lévis–Lotbinière, Jacques Gourde, estime que les signaux envoyés par le gouvernement de Mark Carney sont peu encourageants. « On présume que ça va être un budget avec un déficit qui va dépasser les 100 milliards, indique le responsable de l’agriculture au cabinet fantôme du Parti conservateur du Canada. On aurait des attentes, oui, mais on n’a pas beaucoup d’espoir que le milieu agricole va être écouté par les signes qu’on a présentement. »

Même son de cloche du côté du porte-parole du Bloc québécois, Yves Perron, bien qu’il estime que certaines mesures ne seraient pas coûteuses pour le gouvernement, comme de rendre permanente la bonification du programme de paiements anticipés. 

Yves Perron

Sans pouvoir s’avancer sur ce que contiendra le budget, la Secrétaire parlementaire, Sophie Chatel, rappelle que d’importantes annonces ont déjà été faites dans les secteurs du canola, du porc et des pois pour soutenir les producteurs affectés par les tarifs douaniers chinois et américains, et que son gouvernement « saisit pleinement l’importance du secteur agricole pour notre autonomie et notre sécurité alimentaire », dit-elle.

Sophie Chatel 

La députée de Pontiac–Kitigan Zibi assure également que les demandes du milieu ont été entendues par le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, lors d’une table ronde budgétaire sur l’agriculture et l’agroalimentaire qui se tenait au Québec en septembre. « Si on veut bâtir un Canada fort, ça prend un secteur agricole et agroalimentaire fort », dit-elle.

Les dossiers de la rentrée

Les trois députés, de retour à la Chambre des communes depuis le 15 septembre, mèneront plusieurs dossiers de front cet automne. À la lumière d’une saison d’abord trop humide, puis trop sèche dans l’est du Canada, le dossier de l’assurance récolte s’impose de nouveau, selon le conservateur Jacques Gourde. Il soulève aussi des inquiétudes face au projet de loi C-5, qui vise notamment à accroître le commerce interprovincial du bœuf et du porc. « Dans la mouture du projet de loi, on permettrait à nos abattoirs d’avoir des normes provinciales égales à celles du fédéral. Mais nos partenaires internationaux qui achètent la viande pourraient se servir de […] ça pour réduire leur niveau d’importation du Canada », dit-il. 

Le député bloquiste de Berthier–Maskinongé, Yves Perron, travaillera à faire avancer l’identification des produits issus de l’édition génomique, à faire la lumière sur la fixation du prix du porc, surveillera l’implantation du code de conduite entre détaillants et fournisseurs et continuera d’insister sur l’importance de revoir les programmes de gestions des risques. 

La libérale Sophie Chatel œuvrera à évaluer si la réforme réglementaire annoncée par son gouvernement au début du mois de septembre pour réduire la paperasse satisfait les attentes des agriculteurs du pays. Elle travaillera également à identifier les meilleurs leviers financiers pour aider les usines de transformation à se moderniser.