fbpx
Crédit photo : IEDM

Crédit photo : IEDM

Un critique de la gestion de l’offre dans l’entourage du ministre

Alexandre Moreau, l’un des nouveaux conseillers politiques du ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, a ouvertement critiqué la gestion de l’offre lorsqu’il travaillait pour l’Institut économique de Montréal (IEDM), allant même jusqu’à proposer son abolition.

Avant de joindre le cabinet du ministre Lamontagne en décembre dernier, Alexandre Moreau a occupé le poste d’analyste en politiques publiques à l’IEDM durant quatre ans. Dans le cadre de ses fonctions, l’homme a rédigé plusieurs études et textes d’opinion mettant à mal la gestion de l’offre.

Dans un communiqué de presse de l’IEDM intitulé Gestion de l’offre contre bois d’œuvre : un « deal » gagnant-gagnant datant de mars 2017, il explique que « les échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis ayant stagné depuis le début des années 2000, éliminer la gestion de l’offre et les tarifs sur le bois d’œuvre serait un bon moyen de leur donner un nouvel élan ».

En février 2018, il a critiqué la méthodologie d’une étude de 588 pages réalisée par la firme de consultants en commerce international de Peter Clark, commandée par les Producteurs laitiers du Canada, qui révélait que les producteurs de lait américains recevaient 35 $ de l’hectolitre en subventions. À La Terre, Alexandre Moreau avait affirmé à l’époque que la méthodologie était erronée et que les montants dévoilés étaient « un peu absurdes ». Peter Clark avait alors rétorqué que son approche était même « conservatrice ».

Plus récemment, en mars 2018, la mise en marché collective en acériculture a également fait l’objet de plusieurs publications de M. Moreau.

Au courant

« J’étais au courant de ces textes-là quand je l’ai rencontré pour l’entrevue initiale, souligne le directeur de cabinet du ministre, Sébastien Benedict. Mais il n’y a aucune inquiétude à avoir. »

Au sein du cabinet, Alexandre Moreau ne s’occupera d’aucun dossier relatif à la gestion de l’offre, ni aux accords commerciaux, ni à la filière acéricole, affirme-t-on. « Depuis le jour 1, on [la Coalition avenir Québec] a soutenu qu’on allait protéger la gestion de l’offre et ça ne changera pas. Quand M. Moreau a accepté de se joindre à notre équipe, il a endossé entièrement cette position », poursuit M. Benedict.

Ce dernier explique que c’est son expertise économique qui a mené M. Moreau dans l’équipe du ministre Lamontagne. Les dossiers qu’il traitera porteront sur les taxes foncières agricoles, la Commission de protection du territoire agricole du Québec et plusieurs dossiers en lien avec La Financière agricole du Québec, « parce qu’il y a beaucoup de programmes d’assurance, beaucoup de programmes avec des chiffres précis pour les producteurs », indique M. Benedict.

Confiance

De son côté, l’Union des producteurs agricoles (UPA) donne sa chance au coureur.

« Je ne connais pas M. Moreau. Je lui donne donc le bénéfice du doute et je fais confiance au ministre Lamontagne, souligne pour sa part le président de l’UPA, Marcel Groleau. [Toutefois], les positions de l’IEDM sont inconciliables avec le développement des régions [ainsi qu’avec] la nécessité des interventions des gouvernements en agriculture, compte tenu du genre de risques que nous avons à gérer. »