Le budget déposé par le ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, à Ottawa, le 4 novembre, prévoit qu’Agriculture et Agroalimentaire Canada devra réaliser des économies allant jusqu’à 15 % sur trois ans. Photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN
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S'abonner maintenantOTTAWA – Afin de participer à réduire les dépenses de fonctionnement de l’État de 60 G$ d’ici 2029, Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) devra réaliser des économies allant jusqu’à 15 % sur trois ans. Certains programmes, tels que les Laboratoires vivants, seront abolis.
Pour ce faire, une série de mesures a été proposée dans le budget déposé par le ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, à Ottawa, le 4 novembre.
Les programmes considérés comme étant « en dehors » du mandat principal d’AAC seront abolis lorsque les enveloppes attribuées dans les exercices budgétaires précédents arriveront à épuisement. Rappelons que près de 90 fermes sont impliquées dans les deux Laboratoires vivants actifs au Québec jusqu’en 2027-2028, soit les projets de recherche Racines d’avenir et Lait carboneutre.
« AAC réduira également certaines activités scientifiques lorsqu’une approche rationalisée peut être adoptée, ou lorsque la capacité existe ailleurs, par exemple dans le milieu universitaire et l’industrie. Le ministère mettra l’accent sur les plus grandes priorités et simplifiera ses opérations scientifiques pour assurer leur rentabilité à long terme », lit-on dans le document.
Toutefois, pour mener à terme les projets prioritaires du secteur, il est précisé que le travail scientifique du ministère se poursuivra dans les secteurs des cultures, de l’horticulture, de la production animale, de la biodiversité et de la durabilité environnementale. Le gouvernement entend également maintenir les subventions et contributions aux projets scientifiques et d’innovation.
Certains postes pourraient également être abolis. Le budget mentionne que le « soutien administratif » sera rationalisé et les niveaux hiérarchiques seront réduits. « AAC pourra réduire la quantité de ressources requises pour assurer son fonctionnement tout en minimisant les incidences de cette réduction sur la prestation de services externes. » AAC atteindra des économies annuelles anticipées de 154,7 M$ dès 2028-2029.
639 M$ sur cinq ans
Au courant de l’exercice 2025-2026, le gouvernement a engagé 639 M$ sur cinq ans pour soutenir les secteurs de l’agriculture, de la pêche et des produits de la mer, dont 175 M$ proviennent de ressources ministérielles existantes.
Dès l’année 2026, le programme Agri-Stabilité sera modifié pour rendre admissibles les coûts d’alimentation des animaux liés à des pâturages. Le coût de la mesure est estimé à 33 M$ jusqu’en 2029-2030. Pour l’année de programme 2025, lorsque la marge de 2025 d’un producteur a baissé de plus de 30 % par rapport à sa marge de référence historique, Agri-stabilité a couvert 90 % (au lieu de 80 %) de la perte de chaque dollar sous ce seuil. Le plafond de paiement du programme a aussi doublé (passant de 3 à 6 M$) afin de permettre à un plus grand nombre de producteurs de bénéficier d’un soutien adapté à la taille de leur entreprise. AAC a versé 109,2 M$ pour la mesure en 2025.
Agri-marketing sera également bonifié de 75 M$ sur cinq ans à compter de 2026-2027.
En foresterie, le budget confirme les aides récemment annoncées pour l’industrie du bois d’œuvre (700 M$ en garantie de prêts et 500 M$ pour appuyer la diversification des marchés), mais n’ajoute aucune nouvelle mesure pour le secteur.
La superdéduction à la productivité
Avec ce budget, le gouvernement introduit un ensemble d’incitatifs fiscaux appelé superdéduction à la productivité, afin de permettre aux entreprises d’amortir de façon accélérée le coût de leurs investissements par l’intermédiaire du régime fiscal.
Les producteurs agricoles pourront bénéficier du rétablissement de l’Incitatif à l’investissement accéléré, qui « permet une déduction bonifiée la première année pour la plupart des immobilisations », indique le document de plus de 450 pages. Pour leur part, les transformateurs pourront profiter de la déduction complète, dès la première année, du coût des machines et du matériel de fabrication et de transformation.
Le gouvernement estime que la superdéduction à la productivité réduira de 2 % le taux effectif marginal d’imposition (TEMI) du Canada – un indice permettant d’évaluer la compétitivité fiscale entre pays, qui tient compte de l’ensemble des impôts et des taxes applicables à chaque dollar d’investissement supplémentaire des entreprises. Selon la prévision, le TEMI du secteur agricole et des pêches passera de 8,5 % à 6,9 %, soit en deçà du TEMI du secteur agricole et des pêches américain fixé à 7,4 %.
Plus de 100 M$ pour l’ACIA
Pour lui permettre de conclure de nouveaux accords commerciaux avec des pays et bonifier ceux qui existent déjà pour les marchés des secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de la pêche et des produits de la mer, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) recevra une enveloppe de 32,8 M$ sur quatre ans à partir de 2026-2027, puis de 9,6 M$ par année par la suite.
Puis, afin de soutenir les exportateurs, l’ACIA recevra 76 M$ sur cinq ans à compter de 2026-2027 en vue d’effectuer un virage numérique et d’intégrer l’intelligence artificielle dans ses processus internes. Il sera question de délaisser le papier et d’accroître l’utilisation de certificats d’importation et d’exportation numériques, notamment.