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Crédit photo : Shutterstock.com

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78 % des armes à feu toujours pas immatriculées

Toute arme à feu sans restriction présente sur le territoire du Québec devra être immatriculée dès le 30 janvier, une situation qui cause beaucoup d’opposition, notamment dans le milieu rural.

À six jours de la date butoir, seulement 346 463 armes ont été immatriculées sur les 1 600 000 détenues au Québec, indique Clément Robitaille, responsable du Service d’immatriculation des armes à feu (SIAF) au ministère de la Sécurité publique. Il souligne que les propriétaires d’armes qui ne les auront pas enregistrées le 30 janvier s’exposeront à des sanctions variant de 500 à 5 000 $.

Malgré cela, le mouvement de protestation persiste contre ce registre québécois des armes à feu. Les localités de Notre-Dame-du-Nord, en Abitibi-Témiscamingue, de Warden, en Montérégie, et de Saint-Damase-de-L’Islet, en Chaudière-Appalaches, font partie d’une douzaine de municipalités rurales qui ont voté une résolution demandant au gouvernement de faire marche arrière concernant la Loi sur l’immatriculation des armes à feu, communément appelées « armes d’épaule », qui regroupent généralement les carabines et les fusils de chasse.

Le mouvement Tous contre un registre québécois des armes à feu, qui compte plus de 33 000 abonnés Facebook, indique que même les modifications annoncées aujourd’hui par le gouvernement caquiste pour simplifier le registre ne suffisent pas. Ils demandent son abolition.

Arguments pour et contre

Les opposants au registre lui reprochent son inefficacité, indiquant que les autorités n’ont pas réussi à démontrer que l’ancien registre fédéral ait sauvé une seule vie. Les coûts du registre sont également pointés du doigt. Québec prévoit qu’il faudra 20 M$ pour le mettre en place et ensuite 5 M$ par année pour l’administrer. Les opposants en doutent, spécifiant que le registre fédéral des armes à feu avait coûté près de 2 G$ aux contribuables pour l’ensemble du Canada, alors que le gouvernement fédéral de l’époque prévoyait au départ qu’il se chiffrerait à 85 M$.

Rappelons par ailleurs que le registre fédéral du contrôle des armes à feu a été aboli en 2012 par le gouvernement Harper.

Le mouvement Tous contre un registre québécois des armes à feu affirme que l’objectif des politiciens québécois de vouloir créer un registre provincial vise à satisfaire les groupes de pression antiarmes associés à la tuerie de la Polytechnique et, plus récemment, à celle de la grande mosquée de Québec. « Le phénomène des tueurs de masse est lié à des problèmes de santé mentale et non à l’enregistrement des armes non restreintes », soutient Luc Boucher, un membre du mouvement contre le registre.

Au ministère de la Sécurité publique, Clément Robitaille assure que l’objectif du présent registre consiste à donner de l’information aux policiers lors de leurs interventions pour leur permettre de savoir qui sont les personnes qui possèdent des armes et quelles sont ces armes.

« Ces données étaient consultées 900 fois par jour au Québec avant l’abolition du registre par le fédéral », fait remarquer M. Robitaille. De plus, le registre québécois devient un outil très utile au moment d’exécuter une ordonnance d’interdiction d’armes à feu, ajoute-t-il. En ce qui concerne les coûts, il affirme qu’aucun dépassement budgétaire n’est enregistré pour l’instant.

Des bogues

Un agriculteur a mentionné à La Terre ne pas avoir enregistré ses armes en raison de son « inconfort informatique » avec le système d’inscription en ligne. Au magasin Sail à Brossard, le vendeur d’armes John Ianiro dit que le système d’enregistrement québécois cause des problèmes depuis des mois. « Le site Internet du registre a beaucoup de bogues. C’est difficile d’enregistrer les armes. Ensuite, on appelle et ça ne répond pas. Il faut réessayer et attendre sur la ligne », affirme-t-il. La Terre a procédé à quatre essais téléphoniques à différents moments et a constaté la même chose. « En raison de l’important volume d’appels, nous ne sommes pas en mesure de vous répondre pour l’instant », disait le message. Le responsable du SIAF, Clément Robitaille, dit ne pas avoir été informé de tels problèmes. Il rappelle que le ministère demande aux gens d’immatriculer leurs armes depuis un an. Le fait que plusieurs propriétaires aient attendu à la dernière minute pour agir peut occasionner une lenteur dans le traitement des appels, compte tenu de l’engorgement du système au dernier moment. Il conseille à ceux qui ont de la difficulté avec l’informatique d’imprimer le formulaire à partir du site Internet et de l’envoyer par la poste une fois rempli.

À noter que les gens pourront inscrire leurs armes après le 29 janvier, mais ils s’exposeront à une amende s’ils se font intercepter entre-temps.