Politique 19 juin 2023

175 M$ pour l’autonomie alimentaire

SAINTE-SOPHIE – De passage à la nouvelle serre de l’entreprise Savoura, à Sainte-Sophie dans les Laurentides, le premier ministre François Legault a confirmé qu’il injectera 175 M$ sur cinq ans pour le renouvellement de divers programmes de subvention visant à renforcer l’autonomie alimentaire.

Je me rappelle très bien avoir été inquiet [en 2020] quand les frontières ont été fermées. Au Québec, la moitié de ce qu’on mange vient d’ailleurs. Donc j’avais un stress énorme de me demander […] : est-ce qu’on sera capable de nourrir les Québécois?

François Legault

Il raconte s’être alors donné pour objectif de « se sortir de ce stress » et d’améliorer l’autonomie alimentaire du Québec, notamment en encourageant les investissements pour la production de fruits et légumes en serre et pour l’amélioration de la compétitivité des entreprises.

M. Legault affirme que l’objectif établi en 2020 de doubler la production en serre d’ici 2025 est déjà atteint à 85 %. Questionné à savoir où se situe le Québec aujourd’hui sur le plan de l’autosuffisance, de façon générale, le ministre de l’Agriculture du Québec, André Lamontagne, a reconnu que de nombreux produits que l’on consomme sont encore importés, mais a assuré que la province se démarque pour la production et la transformation de denrées de base. Le Québec, spécifie-t-il à titre d’exemple, serait autonome à 100 % pour la production de laitues et à 90 % pour celle de tomates et de concombres.  

L’entreprise Savoura a bénéficié de divers programmes de subvention, notamment de ceux du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), pour la mise en place de ses nouvelles installations de production de tomates à Sainte-Sophie, qui ont été inaugurées, le 19 juin et qui ont nécessité des investissements de 56 M$. Différentes formes d’aide totalisant 21 M$ ont été accordées à l’entreprise serricole par Québec pour la mise en opération d’une serre automatisée et à la fine pointe de la technologie.

Détails de l’enveloppe de 175 M$

Le ministre de l’Agriculture du Québec, André Lamontagne, a spécifié que les 175 M$ seront injectés dans trois programmes différents. Une enveloppe de 100 M$ servira à reconduire le programme qui encourage la robotisation et l’implantation de systèmes de gestion de la qualité dans les usines de transformation alimentaire. Quelque 800 entreprises, ces dernières années, auraient été accompagnées par l’entremise de celui-ci, affirme le ministre.

Aussi, 45 M$ seront réservés à l’Initiative en productivité végétale destinée aux entreprises agricoles spécialisées dans les cultures de végétaux. Des appels de projets seront faits d’ici quelques semaines dans le cadre de ces deux programmes.

Finalement, le Programme de soutien au développement des entreprises serricoles est bonifié de 30 M$ sur cinq ans. Au 1er mai 2023, 114 projets avaient déjà bénéficié de cette subvention, depuis 2020, pouvant atteindre jusqu’à 600 000 $ par entreprise.

Des boîtes transportées par un robot

Une courte visite de la nouvelle serre de Savoura de Sainte-Sophie, à la suite de la conférence de presse, a permis de voir à l’œuvre un robot autonome, qui, suivant une ligne d’induction au sol et des capteurs, transportait des chariots de boîtes de tomates, sans intervention humaine. Une fois le robot arrivé au convoyeur, c’est aussi un système automatisé qui veille au déchargement des chariots et au dépôt des boîtes. Le camion autonome, ensuite, poursuit son chemin en rapportant les boîtes vides. Des travailleurs sont postés un peu plus loin et attendent que les boîtes remplies de tomates arrivent. À l’aide d’une balance intelligente, ils peuvent les peser et s’assurer qu’elles transportent le nombre exact de tomates avant l’emballage. La machine dit avec exactitude combien de tomates doivent être retirées ou ajoutées pour atteindre le bon poids.  « Le travail des employés est peut-être un peu plus monotone [sur les lignes de production], car il y a moins de calcul à faire, mais ça reste plus rapide et efficace, il y a moins d’essais et erreurs nécessaires », explique la présidente et chef de la direction des affaires pour le Groupe Savoura, Peggie Clermont. Elle précise qu’aucune autre serre de l’entreprise n’intègre un tel système. Comme les installations sont nouvelles, elle n’a pas été en mesure de préciser combien d’employés pourront être remplacés par l’automatisation.