Patrimoine 1 mai 2026

Un musée agricole à la croisée des chemins

Le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) s’inquiète de l’avenir du Musée québécois de l’agriculture et de l’alimentation (MQAA), qui devra quitter ses locaux de La Pocatière d’ici 2029. Pour son président, Pierre-Paul Sénéchal, l’enjeu dépasse largement un simple déménagement. 

« C’est un cri d’alarme », affirme-t-il en entrevue téléphonique. Selon lui, le musée risque de s’affaiblir, voire de disparaître, s’il opte pour une solution trop modeste. Le GIRAM propose plutôt un redéploiement sur le site de l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ), notamment autour de l’ancienne meunerie de la ferme-école, un bâtiment patrimonial inutilisé.

Ce serait dommage que cette institution quitte La Pocatière, parce que c’est là que sont nées la recherche et l’éducation agricoles.

Pierre-Paul Sénéchal

Dans une lettre ouverte, le GIRAM soutient qu’un véritable musée de l’agriculture doit proposer une expérience concrète aux visiteurs, notamment par l’exposition d’équipements et la tenue d’activités. « Par sa mission, un vrai musée de l’agriculture ne peut être virtuel, il a incontestablement besoin d’espaces, intérieurs et extérieurs », écrit l’organisme, dont la mission vise à promouvoir les valeurs patrimoniales et environnementales ainsi que l’aménagement durable du territoire. Pour y arriver, le GIRAM souhaite une mobilisation régionale et nationale, une « corvée », incluant notamment le ministère de l’Agriculture, l’ITAQ, les élus et le milieu agricole.

M. Sénéchal estime, en outre, que l’agriculture mérite une institution forte, capable d’accueillir des clientèles scolaires et de mettre en valeur son rôle ­fondateur dans l’histoire québécoise. À ses yeux, le site de l’ITAQ offre un ancrage naturel pour un musée appelé à rayonner au-delà de La Pocatière. Pour l’ancienne meunerie, il évoque différentes avenues, qu’il s’agisse d’un legs, d’une cession ou d’un bail emphytéotique (d’une durée entre 10 et 100 ans).

Des informations « incomplètes »

Le président du MQAA, Philippe Dubé, n’a pas accordé d’entrevue, référant plutôt à une lettre signée par les membres du conseil d’administration. Le Musée y reconnaît les préoccupations du GIRAM, mais affirme que certaines informations sont « incomplètes et parfois inexactes ». Il précise que la communauté a été informée du déménagement, que la recherche de solutions se poursuit et que sa situation financière demeure « saine » malgré un déficit en 2024-2025.

Le Musée affirme bâtir « un projet sain, viable, ancré dans la collectivité », sans toutefois préciser ses intentions face au bâtiment proposé par le GIRAM sur le site de l’ITAQ.