Patrimoine 17 avril 2026

Soutien financier recherché pour la sauvegarde de la vache Canadienne

Les Races patrimoniales du Québec (RPQ) lancent un appel à l’aide : les frais liés à la conservation de la banque génétique de semence d’étalons et de bovins de race Canadienne, fondée en 2012, deviennent lourds pour le petit organisme.

« On multiplie les démarches auprès des différents ministères depuis des années pour qu’ils nous appuient dans notre mission, mais la conservation des races animales ne cadre dans aucun programme, explique David Auclair, président des RPQ. Ça nous coûte autour de 6 000 $ par an pour la conservation. »

La vache Canadienne est une race patrimoniale créée au Québec à partir de vaches emmenées de France, plus précisément de la Bretagne et de la Normandie, au début des années 1600. Très rustique, elle est plutôt petite et arbore une robe foncée, allant de brune à noire. Populaire jusqu’au milieu du 19e siècle, elle a progressivement été remplacée par d’autres races plus productives en viande et en lait, jusqu’à pratiquement disparaître.

Selon David Auclair, il reste, à l’heure actuelle, 800 bovins enregistrés comme étant issus de la race Canadienne, dont la moitié seulement seraient 100 % purs. Quelques petits troupeaux existent au Québec, en France et aux États-Unis.

« Ça finit par devenir pesant pour les éleveurs qui supportent la banque. Ce n’est pas une banque de semence à but commercial qu’on peut rentabiliser. Son objectif est de préserver la race et d’assurer la diversité génétique de la vache Canadienne. On espère que le gouvernement finira par faire de la place pour les races patrimoniales dans ses programmes, mais pour l’instant, il n’y a rien », mentionne M. Auclair. Il précise que chaque dose de semence est utilisée selon les critères d’un comité qui évalue les demandes des éleveurs.

Le cabinet du ministre de l’Agriculture du Québec, Donald Martel, a indiqué à La Terre que ce dernier a accordé un montant discrétionnaire à l’organisme afin de soutenir sa mission. Une rencontre a eu lieu le 1er avril et des discussions sont en cours. « Le gouvernement a demandé aux ministères de revoir leurs programmes pour s’assurer de leur pertinence et de la bonne gestion. Le MAPAQ [ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec] effectue le travail, présentement, pour analyser comment les programmes peuvent soutenir toute la clientèle », a-t-on indiqué. 

En attendant, une vente aux enchères de tableaux peints par l’artiste Carolle Beaudry illustrant les races patrimoniales québécoises est en cours. Une campagne de sociofinancement a aussi été lancée sur la plateforme Gofundme avec un objectif de 6 000 $ qui servira à payer la maintenance annuelle par une entreprise spécialisée et l’azote nécessaire à la conservation du matériel génétique. 

La mission des RPQ est d’assurer la sauvegarde et la multiplication des races patrimoniales, soit la vache Canadienne, le cheval Canadien et la volaille Chantecler, et de soutenir les éleveurs ainsi que le transfert des connaissances.  

Avec la collaboration de Myriam Laplante El Haïli