Avec l’éclairage et le logo intégrés à la glace, le « Colisée Therrien-Berthiaume » en impose. Photo : Gracieuseté de Christian Therrien
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S'abonner maintenantAménager une patinoire extérieure dans sa cour arrière, c’est bien. Mais en faire une dans une grange ou un bâtiment agricole, c’est encore mieux! Ambiance assurée, en prime.
Christian Therrien et Thérèse Berthiaume, de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, en savent quelque chose. Chaque hiver, depuis 33 ans, leur vieille grange se métamorphose en Centre Bell (ou presque), où voisins, amis et membres de la famille élargie se livrent à des matchs de hockey épiques ou y vont simplement de quelques coups de patin.
Avec l’éclairage et le logo intégrés à la glace, le « Colisée Therrien-Berthiaume » en impose. « On est des maniaques de hockey », précise M. Therrien, comme si cela n’allait pas de soi.
Au début de cette aventure, les enfants du couple avaient deux, quatre et six ans. Aujourd’hui, ce sont les enfants de ces derniers, bref, leurs petits-enfants, qui y apprennent à patiner. Idem pour quantité de neveux, de nièces et d’amis.

« Quand on a commencé, c’était mini et rustique, juste un petit rond de glace, raconte M. Therrien. Avec les années, on a grossi et amélioré ça. »
Dans la foulée, la grange centenaire située sur leur propriété a été redressée et solidifiée. Le sol de terre a été remplacé par un revêtement de ciment. Chaque hiver, Christian Therrien peaufine ses techniques d’aménagement.
Entre autres trucs : comme la glace est plus longue à geler à l’intérieur de la grange, il s’assure au départ d’ouvrir toutes les ouvertures pour faciliter la circulation de l’air froid. Un redoux ou une pluie s’annonce? Il ferme les portes pour préserver la fraîcheur ambiante. « On joue à ouvrir et fermer les portes », rigole-t-il.
Selon le mordu de hockey, une telle patinoire a l’avantage de nécessiter moins d’entretien et de prolonger la saison de patin.

Pour faire « triper »
Producteur laitier à La Baie, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, Gaétan Perron s’est également fait prendre au jeu. Il a commencé, il y a cinq hivers, à aménager une patinoire dans un coin d’une vieille étable, propriété de sa conjointe. Et il y a pris goût. Il a même appris à patiner l’an dernier, à 45 ans, laisse-t-il savoir d’un ton amusé.
Avec 130 vaches en lactation, le producteur ne manque pas de travail, mais il se fait un devoir d’aménager cette patinoire (de 25 pieds sur 45 pieds environ) pour sa conjointe et leurs deux jeunes enfants de cinq et sept ans.
Les voisins ont aussi des enfants de cet âge-là et les amis (petits et grands) viennent faire un tour le soir, raconte-t-il. J’ai mis des petites lumières. On a plein de bâtons de hockey et des racks pour apprendre à patiner. Heille, ça tripe en tabarouette! Moi, je fais ça pour faire triper le monde.
Les vieilles planches ajourées de la grange ajoutent en outre à l’ambiance, souligne Gaétan Perron.
Au fil du temps, il dit avoir fait de « solides erreurs », mais il se réjouit de pouvoir compter sur les conseils en ligne d’une communauté de passionnés de patinoires en plein air, comme lui.
Au cours des dix dernières années, Wendy Labrie et Alain Gagnon, producteurs laitiers et porcins à Saint-Arsène, dans le Bas-Saint-Laurent, ont également pris l’habitude de faire de la place dans le garage où ils rangent leur machinerie pour y aménager une patinoire.
Le couple a toutefois mis le projet sur pause cette année, car son agenda est déjà bien chargé avec les diverses activités de leurs enfants. Mais Wendy Labrie tient à témoigner du côté « 100 % rassembleur » d’une telle patinoire.
Conseils de pros
- Chaque automne, Christian Therrien essaie de retarder le plus tard possible la fermeture de sa piscine, afin d’utiliser l’eau de celle-ci pour « partir » sa patinoire. « Des fois, c’est limite, c’est même sur le bord de geler, dit-il. Mais en campagne, on fait attention au puits. C’est une solution que j’ai trouvée. »
- Christian Therrien utilise chaque année un nouveau polythène de recouvrement de serre pour étanchéifier le fond de sa patinoire. Gaétan Perron dit pour sa part opter pour une toile d’ensilage qu’il récupère au printemps.
- Gaétan Perron recommande chaudement de consulter le groupe Facebook « Patinoires extérieures de cour arrière » et de ne pas hésiter à y poser des questions. Il y a trouvé une foule de réponses et de conseils pour bonifier son installation.