fbpx
En sélectionnant les variétés de fourrage et en entretenant les sols, les éleveurs d’ovins peuvent faire face à la sécheresse. Photo : Léda Villeneuve.

En sélectionnant les variétés de fourrage et en entretenant les sols, les éleveurs d’ovins peuvent faire face à la sécheresse. Photo : Léda Villeneuve.

Stratégies d’adaptation possibles face à une sécheresse

Les éleveurs d’ovins subissent eux aussi les contrecoups de dame Nature depuis quelques années. Dans plusieurs régions, la sécheresse a causé bien des maux de tête et complique les récoltes fourragères, car les rendements ne sont plus au rendez-vous. Il faut donc adopter des pratiques culturales et des stratégies alternatives, afin de s’adapter à cette nouvelle réalité.

À court terme, il faut vérifier si le troupeau comprend des brebis qui devraient être réformées rapidement, c’est-à-dire vieilles ou improductives ayant des intervalles d’agnelage de plus de 360-400 jours. On peut alors évaluer plus précisément le besoin fourrager réel et veiller à ce que les fourrages produits ou achetés soient consommés par des animaux productifs dans l’élevage. Au quotidien, il s’agit de viser 5 à 10 % de refus à la mangeoire. Et pourquoi ne pas utiliser ces refus pour nourrir les brebis au tarissement dans l’élevage?

Au niveau des cultures, on peut opter pour des espèces annuelles tolérantes à la sécheresse, telles que le sorgho, l’herbe de Soudan ou des hybrides sorgho-
soudan. Ces plantes peuvent être semées tardivement en juin, voire en juillet. Le rendement peut être plus élevé qu’avec des céréales fourragères et il est possible de faire deux coupes. Les céréales printanières fauchées au stade de gonflement, ce qui rend une deuxième coupe possible, et récoltées en ensilage peuvent aussi devenir un plan B intéressant.

L’importance du sol

Dans la gestion des champs, surtout en période de sécheresse, l’amélioration des rendements passera dans un premier temps par un chaulage adéquat des prairies pour avoir un pH du sol d’au moins 6,5. Avec un sol bien structuré à bon pH, il peut être avantageux d’opter pour une fertilisation azotée avant la première coupe, car cette coupe représente globalement 50 % du rendement annuel. Les rotations plus courtes de trois ou quatre années permettront également d’augmenter le rendement à l’hectare pourvu que l’implantation de la prairie se fasse sous de bonnes conditions.

Bien que le mil soit la graminée la plus cultivée dans l’est du Canada, il demeure que c’est la moins résistante à la sécheresse et elle présente très peu de regain en deuxième et troisième coupes, même lors d’années ayant une pluviométrie normale. D’autres graminées présentent des avantages plus intéressants, comme la fétuque et le brome hybride.

Parlez-en avec votre expert-conseil végétal et choisissez un mélange simple de deux ou trois espèces qui répondra bien aux conditions de vos sols et optez pour des variétés avec des racines pivotantes profondes qui iront chercher l’eau en profondeur. Il vaut mieux adopter des pratiques différentes dès maintenant, car dame Nature nous réserve encore bien des surprises. 

Contrôle de la qualité fourragère

Les éleveurs d’ovins devraient faire la fauche de la première coupe dès que les légumineuses sont au stade de bouton, puis 30-35 jours plus tard pour la deuxième coupe. Il est ainsi plus facile de contrôler la qualité fourragère de ce qui est produit et de compléter les besoins, le cas échéant, en achetant des fourrages de valeurs nutritives moins riches, et donc moins coûteux, pour les brebis peu exigeantes (taries/entretien, début gestation). L’inverse sera plus coûteux.

Léda Villeneuve, agr. M.Sc., Coresponsable à la R&D, Centre d’expertise en production ovine du Québec