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L’amarante tuberculée est une mauvaise herbe dont la résistance a été détectée pour les pesticides des groupes 2, 5 et 9. Photo : MAPAQ

L’amarante tuberculée est une mauvaise herbe dont la résistance a été détectée pour les pesticides des groupes 2, 5 et 9. Photo : MAPAQ

Des mauvaises herbes résistantes aux herbicides

Une mauvaise herbe devient résistante aux herbicides lorsqu’elle est en mesure de survivre et de se reproduire à la suite d’un traitement herbicide effectué selon la dose et les conditions recommandées sur l’étiquette, qui aurait normalement dû la tuer. La présence de ces populations dans un champ occasionne de nombreux impacts agronomiques dont la diminution de productivité.

L’évolution de la résistance

Il arrive que, naturellement et de façon exceptionnelle, certaines mauvaises herbes détiennent une aptitude à résister à un herbicide ou à un groupe d’herbicides.

  • Certaines d’entre elles réussiront à se reproduire et à créer une population résistante dans diverses situations :
  • Par l’utilisation répétée du même groupe d’herbicides ou d’un herbicide ayant le même mode d’action, ce qui exerce une pression de sélection sur les populations de mauvaises herbes et favorise la dissémination des individus résistants.
  • Par la monoculture ou par de courtes rotations de culture, puisque cela incite à employer toujours les mêmes herbicides ou les mêmes groupes d’herbicides de façon rapprochée et en continu.
  • Par l’utilisation d’herbicides extrêmement efficaces à combattre certaines espèces de mauvaises herbes, comme ceux du groupe 2. Ce phénomène s’explique par la sélection intense que ces herbicides imposent à ces dernières. Ainsi, seuls les spécimens résistants voient leurs gènes transférés d’une génération à l’autre.

Contrer les effets

Avec la rotation des groupes d’herbicides ou des moyens de désherbage en incluant, par exemple, le désherbage mécanique, il est fort possible que la résistance au champ puisse être maîtrisée.

Par contre, un producteur peut avoir une régie de culture exemplaire, mais tout de même se retrouver avec une population résistante, entraînée par la contamination des intrants, la machinerie agricole ou d’autres sources.

Détecter la résistance

Pour diagnostiquer un problème de résistance dans un champ afin d’ajuster la stratégie de désherbage selon le résultat obtenu, le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) offre gratuitement le service de détection de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides. Ce diagnostic s’effectue de deux façons. On pratique des tests moléculaires, possibles dès le stade plantule. Cela nécessite un délai de quelques semaines avant d’obtenir une réponse. Si le test moléculaire n’a pas encore été développé pour la résistance à analyser, un test classique, qui requiert la récolte de graines matures est réalisé. Les résultats seront alors connus après plusieurs mois.

Impacts agronomiques de la présence de mauvaises herbes résistantes

  • Baisse de la qualité des récoltes (taches, déclassement);
  • Augmentation des coûts reliés au désherbage;
  • Hausse des doses d’herbicides utilisées;
  • Emploi de plus d’un produit appartenant à des groupes (ou modes d’action) différents;
  • Accroissement des risques pour la santé humaine et pour l’environnement;
  • Diminution des options de désherbage ou absence de produits ou de solutions de rechange.

Pour en savoir plus sur les services offerts par le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ : mapaq.gouv.qc.ca/-laboratoirephyto. 

David Miville, agr., M. SC.
Annie Marcoux, agr., M. SC.