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De gauche à droite, Normand Marinacci, Alain Laplante et Pierre Charron.

De gauche à droite, Normand Marinacci, Alain Laplante et Pierre Charron.

Des maires veulent déjouer la spéculation

Même si les administrations municipales se prononcent généralement en faveur de la protection des terres agricoles, il n’est pas toujours aisé pour elles de lever le nez sur la source de revenus que représente le développement commercial ou immobilier. Trois maires proposent de changer l’ordre établi. 

Normand Marinacci,
L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève

Le projet Paysage humanisé a été remis sur les rails après l’élection du maire Normand Marinacci dans l’arrondissement montréalais de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, en 2013. L’élu de Projet Montréal tente d’obtenir un statut particulier pour près de la moitié de son territoire afin d’offrir un loquet supplémentaire de protection des terres. « Ça vient tout simplement dire qu’on va essayer de faire des projets qui contribuent à maintenir ces activités humaines qui datent de la colonisation », explique-t-il. À son avis, une telle détermination politique aura pour effet de faire baisser le prix des terres agricoles. M. Marinacci est conscient que des gens attendent son départ dans l’espoir de pouvoir dézoner, mais il ne s’en formalise guère.

Alain Laplante,
Saint-Jean-sur-Richelieu

Saint-Jean-sur-Richelieu est récemment devenue la première ville à joindre l’alliance Ariane, un regroupement d’organisations et d’experts qui réclame une politique nationale d’aménagement du territoire. « Je ne suis pas contre le développement, mais plutôt contre l’ancien modèle qui consiste à couper un boisé pour y construire des bungalows », souligne le maire Alain Laplante. Il privilégie une densification sur le terrain d’anciennes industries et vise un développement industriel qui attirerait des travailleurs dans sa ville.

Pierre Charron,
Saint-Eustache

« Il faut revoir la fiscalité municipale au Québec pour que les municipalités qui sont prises à la gorge ne soient pas toujours obligées d’avoir recours au développement comme solution », martèle le maire de Saint-Eustache, Pierre Charron. Celui qui préside le comité consultatif agricole de la Communauté métropolitaine de Montréal estime qu’un partage de la richesse est nécessaire étant donné que l’espace encore disponible pour de nouvelles constructions n’est pas réparti équitablement entre les 82 villes du Grand Montréal. 

Des projets agricoles inspirants

Quelques projets agricoles ont été cités en exemple lors de l’exposition Projets inspirants présentée lors de l’Agora métropolitaine : le projet d’accompagnement L’Arterre qui permet le jumelage entre agriculteurs de la relève et propriétaires cédants, la Pépinière municipale qui redonne vie à des terres de Boisbriand, la ferme urbaine Cultivons Châteauguay qui déploie des stations d’agriculture urbaine à travers la ville ainsi que le circuit Découverte du patrimoine gourmand mis de l’avant par la MRC de Thérèse-De Blainville.

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