Main-d'oeuvre 5 juin 2026

La SAAQ veut resserrer l’accès au permis de conduire des TET

La Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) veut resserrer l’encadrement de la conduite avec un permis étranger, notamment celui que possèdent les travailleurs étrangers temporaires (TET).

Actuellement, ces derniers peuvent conduire, au Québec, n’importe quelle classe de véhicule autorisée par leur permis du Mexique et du Guatemala pour une durée maximale de six mois. Au-delà de cette limite, ils peuvent continuer de prendre le volant de la majorité des véhicules, sauf des camions lourds de classe 1, en obtenant un permis international. Des travaux sont en cours dans l’optique de revoir cette réglementation. 

« Selon les données d’accidents compilées par la Société, il s’avère que les titulaires de permis délivrés par un État avec lequel il n’y a pas d’entente d’échange de permis ont une fréquence d’accident nettement supérieure, soit de 65 %, par rapport aux titulaires d’un permis de conduire valide, délivré ailleurs au Canada ou par un État avec lequel il y a une entente d’échange de permis », explique, dans un courriel, un porte-parole de la SAAQ, Gino Desrosiers, précisant que le Mexique et le Guatemala, par exemple, n’ont pas d’entente de réciprocité avec le Québec

La saison estivale 2026 constituera une période de « transition », ajoute-t-il, durant laquelle différents intervenants concernés, dont l’Union des producteurs agricoles (UPA), seront consultés sur la manière de « faire évoluer les règles d’accès à la conduite avant la prochaine saison maraîchère, au printemps 2027 ». 

Le consultant en immigration à l’UPA, Denis Roy, ne s’oppose pas à un resserrement qui viendrait augmenter la sécurité routière, pourvu que l’application soit réaliste. « On ne sait pas ce qu’ils vont faire. Est-ce qu’on va demander un permis du Québec? Est-ce que ça impliquerait un examen écrit, un examen pratique? Il y a des frais rattachés à ça; des enjeux linguistiques », ­énumère-t-il, précisant qu’un comité d’échange avec la SAAQ a été créé pour discuter de la façon de procéder. Outre l’UPA, des représentants des ministères de l’Agriculture et de l’Immigration; de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail; de l’Association du camionnage du Québec et d’Immigrant Québec y sont notamment invités.

Des permis à vérifier

Cette saison, Denis Roy recommande aux producteurs de vérifier que les permis de conduire de tous leurs travailleurs sont bel et bien en règle. Outre les véhicules de promenade, les TET dans les fermes maraîchères sont nombreux à conduire des minibus pour amener leurs confrères à l’épicerie ou jouer au soccer, ou encore de petits camions pour transporter les récoltes ou du matériel, donne-t-il en exemple.

« On ne veut pas se ramasser dans le spotlight. Il faut être bons, le temps que l’on convienne des prochaines étapes », dit-il.