Ma famille agricole 29 septembre 2019

Une ferme brassicole aux racines irlandaises

RAWDON — Ayant grandi dans une famille agricole d’origine irlandaise où le whisky vieillissait en tonneaux dans la cabane à sucre, Ryan Allen a toujours su qu’il poursuivrait la tradition de ses ancêtres. Il a démarré une ferme brassicole avec son amoureuse sur les terres de son grand-père, où orge et houblon poussent dans les champs.

Frank, l’arrière-grand-père de Ryan Allen, est arrivé d’Irlande en 1880. Il s’est installé dans une ferme dans la municipalité de Sainte-Sophie, autrefois appelée New Glasgow, là où il y avait une communauté irlandaise. « Il élevait des vaches à lait et fabriquait des tonneaux, son métier en Irlande. Il faisait vieillir du whisky, caché dans la cabane à sucre. C’était l’époque de la prohibition », raconte-t-il.

Victor, le grand-père de Ryan, a repris la ferme de Sainte-Sophie, mais vers 1940, il a choisi de se rapprocher de son frère qui habitait Rawdon pour y rejoindre d’autres Irlandais et Écossais, puisque la communauté irlandaise de New Glasgow partait s’établir à Montréal. La décision a été prise d’acquérir une terre dans la vallée bleue, réputée pour son argile bleue. « Mon grand-père a mis le petit veau dans son camion et le troupeau de 30 vaches a suivi derrière. Ça leur a pris deux jours de marche pour arriver. Il a ouvert la porte du pacage et les bêtes y sont entrées », raconte Ryan.

On élève également des poules, des cochons et des agneaux à la Ferme MacAllen.
On élève également des poules, des cochons et des agneaux à la Ferme MacAllen.

Le train en couche

Même si son père ne souhaitait pas reprendre la ferme du grand-père, Ryan, lui, a toujours su qu’il le ferait. « J’allais faire le train en couche et en chandail du Canadien. À sept ans, j’avais une liste de clients à qui je téléphonais pour leur vendre des poules et des cochons. C’est comme ça que j’ai appris », se remémore-t-il.

Puis, alors qu’il fréquentait l’Université McGill, il a rencontré celle qui allait faire battre son cœur, une fille de producteur laitier d’origine écossaise, Érica MacCallum, qui étudiait en sciences vétérinaires.

Ensemble, ils ont repris l’exploitation des Allen, qu’ils ont rebaptisée la Ferme MacAllen. Erica, très occupée par sa clinique vétérinaire, aide son conjoint les fins de semaine. Le père de Ryan, maintenant retraité, est revenu vivre à la ferme et donne aussi son coup de main.

Passionné par le brassage de la bière, Ryan a planté du houblon et démarré une production dont tous les ingrédients proviennent de la ferme.

À l’avant-garde sans renier le passé

Traditionaliste, le grand-père faisait les foins à la fourche avec les chevaux. Ryan a hérité de lui son amour du terroir et sa mentalité d’artisan. « Un pied dans le passé, un autre dans le futur », comme il le dit. Le producteur est tout de même allé en apprendre plus sur la science agricole moderne à l’Université McGill.

« Ce n’est pas parce que c’est local que c’est bon. Il ne faut pas se contenter de ça, insiste-t-il. Je vise vraiment la qualité. Il faut se démarquer. Quand les gens m’arrêtent en me disant : “Ta bière est bonne”, c’est là que je me dis que je réussis. »

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