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Partis de rien, Louis-Philippe et Claude-Émilie ont travaillé d’arrache-pied pour posséder leur propre entreprise porcine, la Ferme Les cochons du Roy. Photo : Julie Mercier/TCN

Partis de rien, Louis-Philippe et Claude-Émilie ont travaillé d’arrache-pied pour posséder leur propre entreprise porcine, la Ferme Les cochons du Roy. Photo : Julie Mercier/TCN

Les sceptiques seront confondus!

En 2008, à 21 ans et sans un sou en poche, Louis-Philippe Roy et Claude-Émilie Canuel ont décidé de se lancer en production porcine, et ce, en pleine crise du porc. Malgré les doutes, ils ont foncé. Aujourd’hui, le jeune couple a confondu les sceptiques et dirige une entreprise florissante, la Ferme Les cochons du Roy, en plus d’avoir deux beaux enfants et bientôt un troisième.

SAINT-MICHEL-DE-BELLECHASSE — Louis-Philippe n’était pas étranger à l’élevage porcin puisque son père était gérant de ferme dans ce secteur de production. Néanmoins, le jeune homme se destinait plutôt à une carrière dans la construction. Après avoir œuvré temporairement comme ouvrier dans une entreprise porcine de la Beauce, Louis-Philippe a réalisé qu’il pourrait être un jour à la tête de son propre élevage.

Grâce à Yvon Breton, un conseiller du ministère de l’Agriculture du Québec aujourd’hui à la retraite, il a rencontré Claude Gagnon et Marielle Beaudoin, de la Ferme C.M. Gagnon. Malgré la crise qui secouait alors le secteur, ces deux éleveurs croyaient en l’avenir de la production et étaient prêts à financer une relève non apparentée. En 2009, Louis-Philippe a commencé à travailler dans leur entreprise. Le soir, il étudiait afin d’obtenir une attestation d’études collégiales en gestion d’entreprises agricoles. « Au début, il a fallu faire nos preuves », raconte Claude-Émilie, qui suivait une formation en génie agroenvironnemental à l’époque. En 2013, les deux amoureux sont devenus officiellement propriétaires de la ferme.

Aujourd’hui, leur entreprise indépendante compte 225 truies et 1 800 places en engraissement. Elle met en marché 5 500 porcs/année. L’élevage fonctionne en bandes aux quatre semaines. Cette gestion améliore la qualité de vie de la famille puisque Claude-Émilie et Louis-Philippe sont les parents de Sasha, deux ans, et de Clovis, un an. Une petite fille est attendue en septembre. « On a adopté le mode de vie agricole. Les enfants nous suivent à la ferme. On en profite, car ils aiment ça. À 16 ans, ils ne voudront plus le faire! » plaisante Louis-Philippe.

Le couple trouve aussi le temps de s’impliquer. Louis-Philippe s’est d’abord investi au Syndicat de l’UPA des Appalaches et aux Éleveurs de porcs des Deux Rives. Il est maintenant 2e vice-président des Éleveurs de porcs du Québec. Claude-Émilie œuvre à la relève agricole et fait partie du comité de la vie associative aux Éleveurs. Aujourd’hui, le couple est heureux du chemin accompli en si peu de temps. « Nous sommes fiers d’être partis de rien, et à notre âge, d’avoir nos enfants, notre entreprise et d’être impliqués, dit Louis-Philippe. Ce n’est pas le temps d’arrêter de travailler. »

Des projets

L’entreprise de Louis-Philippe et Claude-Émilie, la Ferme Les cochons du Roy, se prépare à réaliser un projet d’envergure : le passage au logement collectif pour leurs truies. Les deux entrepreneurs profiteront du chantier pour améliorer leur équipement. « On ne veut pas prendre de l’expansion, mais on veut aller chercher des gains en efficacité. On ne veut pas juste faire de la gestion, mais travailler à la ferme. Pour avoir de bons résultats techniques, il faut que tu sois présent », explique Claude-Émilie.

Le modèle naisseur-finisseur leur permet de « gérer de A à Z » toute la production. « C’est un modèle auquel on croit. Si notre entreprise avait une plus grande taille, on ne serait pas plus fiers », ajoute Louis-Philippe. L’éleveur s’avoue très minutieux. « Passer deux heures de plus dans la bâtisse pour sauver des porcelets, ça fait partie du plaisir », illustre-t-il.

L'entreprise indépendante compte 225 truies et 1800 places en engraissement. Elle met en marché 5 500 porcs/année. Photo : Julie Mercier/TCN

L’entreprise indépendante compte 225 truies et 1800 places en engraissement. Elle met en marché 5 500 porcs/année. Photo : Julie Mercier/TCN